MoDem - Mouvement Démocrate

11/06/2008

Le boeuf américain suscite la colère

La reprise des importations de boeuf américain en Corée du Sud, après cinq ans d'embargo justifiés par des risques de maladie de la vache folle, plonge le gouvernement du président Lee Myung-bak dans une crise majeure.

Ainsi, mercredi, au lendemain de la démission du premier ministre Han Seung-soo et de l'ensemble du cabinet, il semblerait bien que le président Lee doive faire appel à sa principale rivale chez les conservateurs, Park Geun-hye, pour rapidement remplacer le premier ministre démissionnaire.

En appelant à l'aide Mme Park, le président Lee, un homme issu du milieu de la construction qui a été porté au pouvoir voilà juste trois mois, compte profiter du vaste réseau de Park Geun-hye. Cette politicienne, fille du dictateur assassiné Park Chung-hee, dispose de solides assises au sein des cercles décisionnels sud-coréens.

Il faut maintenant observer si la probable nomination de Mme Park comme première ministre, un poste essentiellement symbolique en Corée du Sud, va permettre au président Lee d'apaiser la grogne populaire qui a généré ces derniers jours les plus importantes manifestations des 20 dernières années.

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Mardi, jusqu'à 100 000 manifestants ont défilé dans les rues de Séoul et de plusieurs autres villes du pays pour réclamer la démission de Lee Myung-bak.

Des milliers, voire des millions, de Sud-Coréens accusent le président Lee d'avoir placé la conclusion d'un accord de libre-échange avec les États-Unis au-dessus de la sécurité alimentaire de la population.

Les États-Unis ont imposé au gouvernement coréen la reprise de leurs exportations de boeuf comme condition sine qua non à la signature d'un accord de libre-échange, une condition acceptée par Séoul en avril dernier.

La Corée du Sud imposait jusque-là, et depuis 2003, un strict embargo sur le boeuf américain en raison des risques d'une contamination à la maladie de la vache folle.

Plus tôt cette semaine, une délégation sud-coréenne s'est rendue à Washington pour tenter de convaincre les États-Unis de ne pas exporter en Corée du Sud des boeufs âgés de plus de 30 mois, considérés comme plus à risque.

Les opposants au président, qui promettent davantage de manifestations dans les jours à venir, réclament une renégociation complète de l'accord.

AFP

10/06/2008

Du rideau de fer à la ceinture verte

Une faune et une flore d'une extraordinaire diversité se sont développées le long de l'ancien Rideau de fer. Aujourd'hui, un projet souhaite transformer la frontière qui autrefois séparait le bloc de l'Est de celui de l'Ouest en une immense réserve naturelle, relate The Independent.

Mines, pièges déclenchant des armes automatiques, fils barbelés, miradors, chiens féroces et gardes recevant une prime pour avoir fait feu sur des cibles humaines jalonnaient jadis le Rideau de fer, synonyme de mort et d'oppression.

Mais ce no man's land d'un autre temps abritait aussi une faune et une flore d'une étonnante diversité, prospérant là où le mur de la honte séparait l'Est communiste de l'Ouest capitaliste. Aujourd'hui, si les projets annoncés sont menés à bien et que des moyens financiers viennent soutenir la volonté politique, le Rideau de fer pourrait devenir l'une des plus longues réserves naturelles de la planète [dès décembre 1989, un mois après la chute du mur de Berlin, des écologistes d'Allemagne de l'Est et de l'Ouest s'étaient réunis pour préserver cette zone].

"Transformer cette ligne de mort en ligne de vie est un moyen fantastique d'honorer la paix et l'unité", estime Liana Geidezis, biologiste spécialiste de la faune et de la flore et chef de projet chez Bund [branche allemande des Amis de la Terre], l'une des organisations écologistes les plus connues d'Allemagne. "A terme, ce sera le plus grand symbole écologiste du XXIe siècle."

Pendant quarante-cinq ans, le Rideau de fer fut une zone militarisée s'étendant de l'extrémité nord de la Scandinavie au sud de l'Albanie et de la Bulgarie, isolant les pays du bloc communiste des Etats neutres et de l'Alliance atlantique.

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Son tronçon allemand coupait cette nation en deux, tandis qu'une section séparée, le mur de Berlin, divisait la capitale. Large d'une trentaine de mètres à près de 1 kilomètre, selon les endroits, et appelé "frontière intérieure allemande" dans le jargon du Politburo, il avait été bâti sur des terres agricoles, des marais, des bois, des landes et des champs.

Cette frontière intérieure courait sur près de 1 500 kilomètres. Après sa disparition, oiseaux, insectes, mammifères et fleurs rares ont continué à prospérer dans une mosaïque de parcs, de réserves naturelles et de fermes bio. Le tronçon allemand n'est qu'une partie du projet visant à faire du Rideau de fer une zone naturelle permanente d'une diversité et d'une richesse extraordinaires ; l'ancien mur se prolonge en effet sur des centaines de kilomètres, le long de la Hongrie, de certaines régions autrichiennes et de la République tchèque.

Des espèces menacées par l'expansion urbaine y ont trouvé refuge. On trouve ici des colonies de hérons, des loutres, des cigognes noires ou encore des sabots de Vénus (un genre d'orchidées). Des mousses rares ont poussé sur les guérites en béton qui abritaient jadis des mitrailleuses, des chauves-souris nichent dans les bunkers et les miradors en ruines et des aigrettes, des fauvettes et d'autres espèces rares font le bonheur des amoureux de nature du monde entier.

L'ancienne frontière fait partie d'une ceinture verte européenne longue de près de 6 800 kilomètres, qui part de l'océan Arctique, court le long de la frontière russo-finlandaise, des Etats baltes et de la Pologne avant de rejoindre l'Allemagne puis chemine par la frontière entre l'Autriche et la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie jusqu'à la mer Noire.

Ce projet de réserve naturelle [le projet de ceinture verte européenne est une initiative impliquant plusieurs institutions nationales pour la conservation de la nature et des ONG écologistes. Il est coordonné par l'Union mondiale pour la nature (UICN)] s'inspire en partie du Boston Freedom Trail, aux Etats-Unis, créé pour commémorer la guerre d'Indépendance américaine.

Mais peu de choses ont été faites pour placer la région sous protection juridique. En Hongrie, des bulldozers feraient des incursions dans certains tronçons de la zone ; en Allemagne, des groupes écologistes demandent au gouvernement fédéral d'en transférer la responsabilité aux seize Länder, qui sont compétents pour les questions de nature et d'environnement.

Cette ceinture verte n'est pas une zone de nature dans son intégralité, et seul un tiers est classé zone naturelle protégée. L'association Bund se bat partout où elle le peut, contre une urbanisation galopante, par exemple contre l'extension d'un poste-frontière entre la Bavière et la République tchèque, qu'elle juge superflue.

03/06/2008

Cycle de Doha : un compromis signé en juin ?

Le directeur général de l'OMC Pascal Lamy estime possible la conclusion d'accords internationaux sur les subventions agricoles et les droits de douane des produits industriels et agricoles en juin. Un prérequis pour finaliser le cycle de Doha avant les élections américaines.

 Est-il encore possible de boucler les négociations commerciales du cycle de Doha avant la fin de 1984669696.jpgla décennie ? Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce, le croit. C'est ce qu'il a déclaré le 1er juin lors d'une visite au Pérou, qui accueillait une réunion des 21 pays membres de l'APEC (Forum de coopération économique Asie-Pacifique).

« Il faut dès maintenant régler les questions des subventions agricoles et des droits de douane sur les produits industriels et agricoles, car sinon nous n'aurons pas assez de temps pour boucler les discussions », a-t-il averti. Si les négociations n'aboutissaient pas, les élections américaines risqueraient de repousser de plusieurs années l'aboutissement du processus, lancé en 2001.

Les nouvelles propositions. Les 19 et 20 mai, de nouvelles propositions de textes de négociation couvrant le commerce des produits agricoles et industriels ont été présentées par l'OMC en vue de conclure un accord international intérimaire en juin. Elles comprennent notamment :

-la réduction dans les pays riches des plafonds des subventions agricoles

-une réduction moyenne des droits de douane agricoles de 54 % dans les pays développés, et de 36 % dans les pays en voie de développement

-la possibilité, y compris pour les pays développés, de protéger un nombre limité de “produits sensibles” pour lesquels l'accès aux marchés pourra se faire sous forme de quotas

-la possibilité pour les pays en développement de protéger certains produits “spéciaux” pour assurer leur sécurité alimentaire

-pour les produits industriels, un plafonnement de 7 à 9 % des droits de douane dans les pays développés, et une moyenne des droits de douane qui passerait d'environ 30 % à 12 % dans les pays en voie de développement

-la possibilité d'introduire graduellement des réductions de droits de douane sur les produits industriels pendant plusieurs années (jusqu'à 18 ans pour la Chine), pour les nouveaux membres de l'OMC.

Pascal Lamy, qui a présenté ces nouvelles propositions le 29 mai devant la Commission du commerce international du Parlement européen, a indiqué que ce projet permettrait aux acteurs économiques d'économiser  près de 40 milliards de dollars en droits de douanes sur les produits industriels (dont un tiers proviendrait des exportations vers les pays en développement, et deux tiers vers les pays développés).

« Dans l'immédiat, j'espère que d'ici la fin du mois de juin nous tiendrons à Genève une rencontre ministérielle qui permettra de stabiliser l'accord de principe sur les subventions agricoles, les tarifs agricoles et les tarifs des produits industriels », a souhaité Pascal Lamy.

Les réactions. Dans l'Union Européenne, les réactions ont été mitigées. Business Europe, syndicat représentant les organisations patronales en Europe, s'est inquiété des possibilités laissées aux pays émergents en matière de protection de pans entiers de leur industrie. Le lobby regrette également que soient accordées des conditions trop avantageuses à la Chine. Quant à l'association des agriculteurs européens, elle affirme que la profession perdrait 30 milliards d'euros par an dans le cadre des nouvelles propositions. 

Le cycle de Doha en dates

Novembre 2001 : lancement du cycle de négociations commerciales, destiné à favoriser le développement et à libéraliser le commerce mondial

Juillet 2006 : suspension des négociations suite à l'échec d'un compromis relatif à la réduction des subventions agricoles et des droits de douane sur les produits industriels et agricoles

Janvier 2007 : relance des négociations

Usinenouvelle.com

30/05/2008

Plus que des mots : un graphique

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02/05/2008

Les pays émergents ramènent leur science

Pour les entreprises américaines, il est de plus en plus facile de recruter des chercheurs en Chine ou en Inde. Cette main-d'œuvre hautement qualifiée et bon marché est une chance pour son économie.

Les Etats-Unis profitent depuis longtemps de produits manufacturés à petits prix, essentiellement en provenance d'Asie. Aujourd'hui, grâce au n1831106051.jpgombre croissant de scientifiques en Chine, en Inde et dans d'autres pays émergents, "les coûts de production d'une découverte scientifique sont en chute libre dans le monde entier", explique Christopher Hill, professeur de technologie et de politique publique à l'université George Mason. Contrairement à l'idée répandue selon laquelle le "manque" de jeunes scientifiques formés aux Etats-Unis nuirait à la compétitivité du pays, il pense que c'est peut-être le contraire. En puisant dans les viviers de scientifiques bon marché du reste du monde, l'innovation américaine pourrait renforcer sa position. "Nous ne devrions pas avoir peur de la montée de l'Asie et d'autres pays en développement dans le domaine scientifique. Nous devrions plutôt réfléchir à comment en tirer profit", explique Patrick Windham, maître de conférences en politique technologique à l'université de Stanford et ancien membre des comités des sciences du Congrès.

A court terme, l'augmentation des dépenses pour la recherche en Inde et en Chine pourrait créer un surnombre de scientifiques dans ces pays. La baisse des salaires pourrait alors s'accentuer et le coût de la science dans le monde serait encore réduit. "La science est la dernière activité mondialisée", estime Richard Freeman, spécialiste en économie du travail au sein du Bureau national de recherche économique. Certes, la connaissance scientifique n'est pas une chose, comme un jouet ou un moteur électrique. On n'est donc pas près de voir la "science" en vente dans un catalogue chinois ou indien. Les Etats-Unis devraient continuer à héberger encore longtemps les meilleurs scientifiques de la planète, mais l'industrie recrute de plus en plus souvent, dans les pays en développement, des scientifiques aspirant à se faire connaître. Seagate Technology, un leader du stockage numérique, paie des chercheurs singapouriens pour mener des travaux de recherche fondamentale, et bénéficie même des subventions qu'ils reçoivent dans leur pays, ce qui rend ces relations encore plus intéressantes financièrement. Seagate dirige un laboratoire de recherche à Pittsburgh. Environ 10 à 20 % du budget de ce laboratoire sont destinés à des scientifiques qui travaillent à l'étranger.

En octobre 2007, le prix Nobel de physique a été partagé par deux chercheurs, un Français et un Allemand, à qui l'on doit la découverte de l'effet dit de "magnétorésistance géante", qui permet de stocker bien plus de données numériques sur un disque dur. Cette découverte d'Albert Fert et de Peter Grünberg n'a eu pour ainsi dire aucune retombée commerciale en Allemagne ou en France. Mais en utilisant une littérature scientifique libre d'accès et en assistant à des conférences, les chercheurs de Seagate sont parvenus à exploiter cette découverte, alors même qu'elle avait été financée par des Etats européens. "Voici un bon exemple de la manière dont des scientifiques étrangers peuvent nous aider", fait valoir Mark Re, qui dirige le centre de recherche de Seagate à Pittsburgh. Cependant, la commercialisation des connaissances scientifiques ne va pas de soi, et c'est la principale raison pour laquelle les chercheurs les plus en vue, qu'ils soient chinois, indiens ou originaires d'autres pays, ont souvent du mal à percer commercialement. En ce qui concerne l'effet de magnétorésistance géante par exemple, les ingénieurs de Seagate ont dû avoir recours à d'autres matériaux – à des températures différentes – que ceux utilisés par les lauréats du prix Nobel. "Nous sommes passés du stade de la découverte scientifique à celui de l'élaboration des produits, ce qui n'était déjà pas une mince affaire, explique Mark Re. Puis, nous avons dû en fabriquer des millions en série, ce qui était encore plus difficile." 

courrierinternational.com

23/04/2008

euro

L'euro franchit la barre historique de 1,60 dollar 

 

Histo EUR/USD sur 1 an

15/04/2008

Le maïs toujours plus cher

Le recul attendu de la production américaine dope les cours.

Pas de doute, le maïs restera cher. Selon l’US Department of Agriculture, les surfaces emblavées en maïs pour la campagne 2008-2009 reculeraient de 8 % à 34,5 millions d’hectares au pays de l’oncle Sam, premier producteur mondial. De fait, la production nationale n’atteindrait que 309 millions de tonnes (Mt), laissant des stocks de fin de saison à 16 Mt, soit 4,9 % de la demande. « Ce qui est extrêmement faible », s’inquiète Terry Roggensach, le responsable de The Hightower Report. Sur le Chicago Board of Trade, le boisseau de maïs s’échangeait en fin de semaine dernière au niveau record de 6,026 dollars.

Malgré la cherté de la céréale, l’engouement américain pour l’éthanol ne retombe pas. Au premier trimestre 2008, quelque 1,9 milliard de gallons a été produit, révèle la Renewable Fuels Association dans son dernier rapport, soit 37 % de plus qu’au premier trimestre 2007. Avec 134 raffineries en activité et 77 en construction ou en expansion, les capacités de production pourraient atteindre 13,4 milliards de gallons en 2009. Dans ces conditions, les analystes ne s’attendent pas à un boisseau de maïs retombant sous le seuil symbolique des 6 dollars. En 2007, alors que celui-ci se négociait à « seulement » 4 dollars, de nombreuses émeutes avaient éclaté au Mexique, la tortilla étant le plat de base des populations pauvres.

Usinenouvelle.com

11/04/2008

Les prix alimentaires risquent de rester élevés, prévient l'Onu

NEW DELHI (Reuters) -

Malgré les mesures d'accroissement des stocks que les gouvernements s'apprêtent à lancer, la tendance mondiale à la hausse des prix alimentaires semble structurelle et risque d'être délicate à contrer, prévient le président du Fonds international pour le développement agricole.

Pétrole cher, hausse de la consommation de viande en Asie, réorientation de parcelles vers la production de biocarburants, climat déréglé et spéculations ont contribué à l'augmentation des prix alimentaires.

De violentes manifestations contre cette tendance apparaissent dans plusieurs pays pauvres: Haïti, Egypte, Burkina Faso, Mauritanie, entre autres.

"La majorité des experts estiment que les prix élevés sont là pour longtemps", pré1736625682.jpgvient le Suédois Lennart Bage, président de l'agence onusienne Fida, dans une interview accordée à Reuters.

"Nous assisterons à une réaction sur l'offre, qui devrait, je l'espère, faire quelque peu baisser les prix", dit-il. "Selon les experts sur le terrain, les prix devraient rester plus élevés qu'autrefois, et nous sommes probablement les témoins d'une évolution structurelle à la hausse", tempère-t-il toutefois.

HAUSSE DE 65% DEPUIS 2002

Selon les données de l'Onu, les prix alimentaires ont globalement augmenté de 35% entre fin janvier 2007 et fin janvier 2008, accélérant une tendance amorcée en 2002. Depuis cette date, les prix se sont envolés de 65%.

Pour la seule année 2007, les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) montrent une hausse de 80% pour les produits laitiers, de 42% pour les céréales.

Tous ces signaux, assure Lennart Bage, montrent avec force que la production doit augmenter. Il semble d'ailleurs déjà que davantage de semailles aient lieu dans le monde.

"Qu'il y ait une réaction sur l'offre ne fait aucun doute. Ce que nous ignorons encore, c'est dans quelle mesure cette réaction fera baisser les prix", poursuit-il.

Le rôle principal du Fida est la lutte contre la pauvreté dans les régions rurales. Selon son président, la communauté internationale doit présenter un front uni et prendre des mesures immédiates pour nourrir les populations menacées de famine. Une solution à long terme, qui passera par des investissements plus élevés dans l'agriculture, doit aussi être envisagée.

"L'intérêt des gouvernements pour les investissements agricoles a diminué dans de nombreux pays ces dix ou quinze dernières années. La part de l'aide internationale au développement consacrée à l'agriculture est passée de 20% au début des années 1980 à moins de 3% aujourd'hui."

A l'issue du sommet Inde-Afrique à New Delhi, les dirigeants des pays représentés ont fait voeu mercredi de lutter ensemble pour la sécurité alimentaire, et ont appelé les pays occidentaux à revoir leurs pratiques, notamment l'emploi de vastes stocks pour la production de biocarburants.

Cette dernière tendance a provoqué des pénuries et une flambée des prix dans plusieurs pays pauvres où, prévient la FAO, les émeutes liées au coût des aliments pourraient s'étendre à l'avenir.

27/02/2008

l'euro à 1.50$

La récente flambée des prix des matières premières l'avait laissé présager.

L'euro est passé au dessus des 1.50$, victime de la faiblesse chronique de la monnaie américaine.

13/02/2008

L'Australie demande "pardon" pour les souffrances infligées aux Aborigènes

Redfern, quartier pauvre du sud de Sydney, est un bastion aborigène célèbre. Lieu phare de l'activisme autochtone dans les années 1970, la mixité raciale entre Blancs et Noirs y est – pour une fois à Sydney – apparente. Chaque vendredi, l'association indigène Babana se réunit dans une église du quartier. Dans ces locaux simples qu'on veut bien lui prêter, Mark Spinks, le fondateur de l'association, écoute les hommes de sa communauté, touchés, plus que d'autres, par le chômage ou l'alcoolisme. Parfois, Babana affrète un bus pour emmener ses membres à des enterrements loin de la ville. Mercredi 13 février, le bus est parti pour Canberra, où le premier ministre, Kevin Rudd, a ouvert la session parlementaire en présentant les excuses officielles de l'Australie aux Aborigènes et particulièrement à la "génération volée", ces enfants arrachés à leurs parents et confiés à des institutions ou des familles blanches.

"Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des parlements et gouvernements successifs qui ont infligé une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes australiens, a déclaré M. Rudd. Aux mères et pères, aux frères et sœurs, pour avoir séparé des familles et des communautés, nous demandons pardon. Et pour l'atteinte à la dignité et l'humiliation infligées à un peuple fier de lui-même et de sa culture, nous demandons pardon."

La politique d'assimilation forcée, menée du début du XXe siècle jusqu'à la fin des années 1960, a concerné plusieurs dizaines de milliers d'enfants autochtones, en particulier ceux d'entre eux qui étaient métissés. Mais ce n'est qu'en 1997, avec la publication du rapport "Bringing Them Home", que l'Australie a découvert l'ampleur du phénomène.

Depuis, les demandes d'excuses officielles étaient un point de désaccord majeur entre le gouvernement conservateur de John Howard, le précédent premier ministre, et la communauté autochtone. Il aura fallu attendre l'arrivée au pouvoir des travaillistes – en novembre 2007 – pour que les Aborigènes obtiennent enfin cette reconnaissance officielle.

C'est un pas symbolique vers la "réconciliation", un terme utilisé en Australie pour évoquer l'apaisement des relations entre les Aborigènes et la population blanche. Les enfants volés ont vu leur vie dévastée. Souvent maltraités dans des institutions qui leur interdisaient de parler leur langue, ils pouvaient parfois être utilisés comme main-d'œuvre gratuite.

ESPÉRANCE DE VIE INFÉRIEURE

"Ma grand-mère a été prise de force à ses parents, placée dans une ferme, où elle devait laver les couches sales des enfants des propriétaires", raconte Mark Spinks. "La douleur se transmet aux générations suivantes, c'est l'une des raisons pour lesquelles notre situation est si mauvaise", soutient le quadragénaire.

Avec une espérance de vie inférieure de dix-sept ans à la moyenne nationale et un taux d'incarcération treize fois supérieur à celui des non-indigènes, la communauté aborigène (quelque 450 000 personnes) est la plus défavorisée du pays.

Evelyn Walley fait, elle, figure de réussite. A 42 ans, elle a commencé à développer une agence de mannequins aborigènes. En bas âge, Mme Walley fut pourtant retirée à ses parents et confiée à une famille blanche. "Je croyais que j'étais blanche, je ne savais pas que j'étais aborigène, ni où étaient mes parents", raconte-t-elle.

Mme Walley reconnaît avoir eu la chance d'être élevée par une famille adoptive attentionnée. "J'ai grandi avec des chances que je n'aurais pas eues auprès de ma famille, mais j'ai perdu ma culture."

A 18 ans, elle a eu le droit de revoir les siens. "Ce fut très difficile, j'ai retrouvé mes traditions comme je pouvais, à partir de rien." Pour elle aussi, "ces excuses sont importantes, même si cela aurait dû arriver plus tôt".

Les termes officiels ont été préparés avec soin. Tout ne sera pas réglé pour autant. "Il faudrait réparer également en permettant, par exemple, aux autochtones de retrouver leur terre, leur langue", proclame Gary Highland, de l'Antar, une organisation de défense des autochtones.

En outre, la question des réparations financières est épineuse. Il y a quelques mois, la justice a reconnu à un "enfant volé" le droit d'être indemnisé par l'Etat d'Australie-Méridionale. Récemment, l'Etat de Tasmanie a créé un fonds de 4 millions de dollars pour une centaine de membres de la génération volée. A l'échelle fédérale cependant, rien de tel n'est prévu, a d'ores et déjà prévenu le premier ministre, Kevin Rudd.

lemonde.fr

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