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13/07/2007
Législatives : des circonscriptions datant de 23 ans
La Chambre basse du Parlement français est élue par un scrutin majoritaire de plus en plus discuté. Le découpage des circonscriptions, héritage de la première cohabitation, même s’il est moins exposé dans les media, pose autant de questions.
L’article 24 de la Constitution de la Ve République réserve au Sénat « la représentation des collectivités territoriales de la République ». De cette affirmation claire, le citoyen attentif à l’équilibre des institutions tire au moins une conséquence : l’Assemblée nationale assure a contrario une représentation équilibrée entre les territoires.
Ce principe de base est battu en brèche à chaque élection législative depuis 1988. Le découpage actuel est l’héritier de batailles politiques de 1986. François Mitterrand, pour atténuer la défaite de la gauche en 1986, avait modifié la loi électorale, passant d’un système majoritaire à deux tours à une proportionnelle départementale à un tour. Dès son année d’élection, la chambre a repris le scrutin précédent, et c’est Charles Pasqua qui s’occupa du nouveau découpage électoral en 577 circonscriptions.
Ce découpage était d’emblée critiquable. En effet, si les Assemblées d’avant 1986 comptaient 491 députés, le chiffre de 577 étable par la gauche fut conservé. Les départements ayant gagné en population depuis 1958 se sont partagés les sièges supplémentaires, sachant qu’aucun département ne s’est vu retirer de siège. Le redécoupage était donc inégalitaire.
En outre, à l’intérieur même des départements, les inégalités sont fortes. Et les choix politiques importants. On peut ici rappeler que la circonscription législative est l’unique maillage électoral dépourvu de statut administratif – à la différence par exemple du canton, doté d’un chef-lieu et d’un représentant de l’État. Un « charcutage » est donc possible en la matière.
Ce que Charles Pasqua ne se priva pas de faire, construisant des circonscriptions ingagnables pour la gauche, renonçant à d’autres sous la pressions du Président Mitterrand. On pourra donner comme exemple le département de Haute-Vienne, bastion socialiste, au sein duquel fut aménagée une circonscription « ouverte » à la droite. La première, qui regroupe le centre-ville de Limoges et deux de ses banlieues huppées, et ne comprend pas des quartiers plus sensibles pourtant du ressort administratif de la commune de Limoges.
Le recensement de 1982 toujours en vigueur
Les 577 circonscriptions sont donc toujours découpées selon le recensement de 1982. Si l’on peut comprendre la difficulté politique qu’il y aurait à priver un département de l’un de ses représentants, il semble possible de doter certains de députés en sus. L’écart de population entre circonscriptions urbaines et rurales est ainsi quasi-insupportable désormais, puisqu’il fausse jusqu’à l’équité du scrutin.
La circonscription la moins peuplée de France, la deuxième de Lozère, comptait ainsi 34 400 habitants en 1999, quand la plus peuplée, la deuxième du Val-d’Oise, en comptait la même année…188 134. Ainsi, la voix d’un Lozérien compte plus de cinq fois plus que celle d’un banlieusard !
Si le Conseil constitutionnel ne peut rien contre ce découpage, il enjoint clairement au Parlement de procéder à un redécoupage. Surtout, au sein même des départements, sa jurisprudence menace d’invalider les élections en cas d’écart supérieur de 20% au chiffre départemental moyen pour une circonscription à compter des législatives de 2012. La cuisine politicienne entre Pasqua et Mitterrand, pour s’assurer des circonscriptions gagnées d’avance, a créé des déséquilibres graves. Dans le Var par exemple, si la première circonscription comptait, en 1999, 74 000 habitants, la sixième en avait 180 000, soit une inégalité de 143%.
Malgré ces chiffres pour le moins étonnants en démocratie, puisque toutes les voix ne comptent pas autant, loin de là, le découpage Pasqua de 1986 reste en vigueur. L’Assemblée nationale est élue selon les canons démographiques d’il y a exactement vingt-cinq ans. Cela pose bien sûr la question de la légitimité du Parlement. Entre autres avantages plus politiques, un scrutin proportionnel permettrait de mettre fin à ce découpage dépassé.
http://lecourant.net/content/view/349/1/
HP
00:05 Publié dans Legislatives 2007 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : modem, ozoir, modem ozoir, modem 77, ozoir la ferriere, bayrou
Commentaires
En juin 2005, un rapport préconisait le remodelage en profondeur des circonscriptions électorales françaises.
Pour que l’Assemblée nationale soit véritablement à l’image du peuple français, il faut respecter le principe de représentativité. "L’Assemblée nationale doit être élue sur des bases essentiellement démographiques", dit la Constitution. Mieux: les spécialistes estiment qu’une circonscription ne doit pas dépasser de plus de 20% la moyenne des circonscriptions du département (en nombre d’habitants). Or ce rapport dévoile qu’à l’issue du recensement de 1999, 25 circonscriptions ont un écart supérieur à 20%. Et dans le sens inverse, 11 circonscriptions ont un écart négatif inférieur à 20%.
Rédigé par Pierre Bordry, conseiller d’Etat, ce rapport fut adressé à Dominique de Villepin, Premier ministre et à Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur. Il mettait en évidence l’inadéquation du découpage des circonscriptions avec les évolutions démographiques du pays. En clair, certains départements ont aujourd’hui trop de députés et d’autres pas assez. En tout, 35 départements auraient dû être concernés par le redécoupage. Mais le gouvernement a préféré taire les conclusions du rapport.
Dans l’ensemble, il aurait fallu reprendre les ciseaux électoraux que Charles Pasqua avait habilement maniés en 1986. Dans son livre de souvenirs politiques, "Ce que je sais… Les Atrides 1974-1988" (Seuil), l’ancien ministre de l’Intérieur souligne avec gourmandise que la loi électorale "garantissait, en conditions normales de scrutin, un tiers des sièges à la droite, avec un petit avantage au RPR (ce qui correspondait au rapport de forces dans le pays), un tiers à la gauche, l’attribution du dernier tiers résultant de la glorieuse incertitude du vote". Et de conclure avec malice dans une note de bas de page (p.175): "Bien qu’une remise à jour de ce texte en fonction des recensements ait été prévue, cette loi n’a pas été modifiée jusqu’à ce jour malgré les soubresauts de la vie politique." Visiblement, ni Dominique de Villepin, ni Nicolas Sarkozy n’ont souhaité suivre l’exemple du bon monsieur Pasqua. L’art du découpage n’appartient pas au premier venu…
Dans l’ensemble, le rapport Bordry met en évidence une surreprésentation des départements urbains du Nord, au détriment de zones démographiquement dynamiques du Sud. Dix-sept d’entre eux pourraient gagner des députés: deux sièges pour la Haute-Garonne, la Seine-et-Marne et la Réunion. Un siège pour l’Ain, le Gard, la Gironde, l’Hérault, l’Ile-et-Vilaine, l’Isère, le Loiret, la Savoie, la Haute-Savoie, le Var, le Vaucluse, le Val-d’Oise, Mayotte et la Polynésie.
En revanche, dix-huit départements devraient perdre des sièges: deux pour le Nord et Paris. Un député pour l’Allier, la Charente, l’Indre, la Marne, la Moselle, la Nièvre, le Pas-de-Calais, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Saône, la Saône-et-Loire, la Seine-Maritime, les Deux-Sèvres, la Somme, le Tarn, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Source : Rue89
En revanche, au delà de la question concernant le découpage des circonscriptions qui a pénalisé le Loiret, il est urgent de réfléchir, au calendrier de la présidentielle et des législatives ainsi qu'au mode de scrutin.
http://www.monolivet.org/dotclear/tb.php?id=554
HP
Ecrit par : HP | 13/07/2007
LE MONDE | 06.06.07
Les circonscriptions dans lesquelles les 577 députés s’apprêtent à être élus ne correspondent plus aux réalités démographiques de la France et auraient dû être remodelées avant les scrutins des 10 et 17 juin. Telles sont les conclusions d’un rapport que ni Dominique de Villepin ni Nicolas Sarkozy n’ont souhaité rendre public avant les échéances électorales, mais dont Le Monde s’est procuré une copie.
[1]
Le 4 mars 2005, M. de Villepin, alors ministre de l’intérieur, constitue un groupe de travail et lui assigne la mission de " préciser la portée juridique de l’obligation de procéder au remodelage (des circonscriptions législatives et des cantons), puis de définir une méthode afin que, s’il était décidé, ce remodelage soit mené dans le respect d’une triple exigence de neutralité, de transparence et d’équité". Présidé par le conseiller d’Etat Pierre Bordry, le groupe de travail remet son rapport le 1er juin 2005 à Dominique de Villepin - devenu premier ministre - et au nouveau locataire de la Place Beauvau, Nicolas Sarkozy. Depuis, le rapport est resté dans un placard, malgré la recommandation du groupe de travail de le rendre public et de " consulter sur cette base les principales organisations politiques avant de déposer le projet de loi d’habilitation". Et pour cause, c’est un sujet sensible.
Pour tenir compte de l’évolution démographique depuis la dernière loi électorale de 1986, le rapport préconise en effet que 18 départements "surreprésentés" à l’Assemblée nationale - dont Paris et le Nord - perdent un à deux sièges et qu’au contraire, 17 départements "sous-représentés" - dont la Seine-et-Marne et la Gironde - en gagnent un à deux. A titre d’exemple, le député de la circonscription la plus peuplée du Val-d’Oise représente 188 000 électeurs quand celui de la circonscription la moins peuplée de Lozère n’en représente que 34 000.
"PEU COMPATIBLES"
Ni Dominique de Villepin ni Nicolas Sarkozy n’ont voulu prendre le risque d’ouvrir le chantier du remodelage des circonscriptions avant les législatives (Le Monde du 17 février 2005). L’ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, avait pourtant menacé d’invalider les résultats des circonscriptions qui lui seraient déférées. Après les législatives de 2002, le Conseil avait déjà souligné que depuis 1986, " deux recensements généraux intervenus en 1990 et 1999 (avaient) mis en lumière des disparités de représentation peu compatibles" avec le principe constitutionnel selon lequel " l’Assemblée nationale (...) doit être élue sur des bases essentiellement démographiques".
La loi électorale de 1986 précise que les écarts de population entre circonscriptions ne doivent en aucun cas aboutir à ce qu’une circonscription dépasse de plus de 20 % la population moyenne des circonscriptions du département. Or le rapport relève que, sur la base du recensement de 1999, 25 circonscriptions ont un écart à la moyenne départementale supérieur à + 20 %. Ainsi de la 2e circonscription du Val-d’Oise (+ 53 ,2%) ou de la 6e circonscription de la Haute-Garonne (+ 32,6%). A l’inverse, 11 circonscriptions ont des écarts négatifs supérieurs à 20 % : 2e circonscription du Var (- 42,4 %) ou 8e circonscription de la Haute-Garonne (- 29,3 %). Au total, 41 départements et collectivités d’outre-mer sont concernés par des " déséquilibres majeurs" entre circonscriptions, soit 40 %. " La combinaison de ces écarts entre circonscriptions avec les disparités de représentation entre départements rend de moins en moins théorique le risque de voir un parti ou une coalition minoritaire en voix recueillir une majorité de sièges à l’Assemblée nationale", souligne le rapport.
Pour remodeler les circonscriptions, le rapport propose de maintenir le nombre de sièges à 577, mais de retenir comme valeur cible un écart maximal de 10 % par rapport à la moyenne départementale. Selon la méthode de répartition par tranches de population, un siège de député serait attribué par tranche de 116 200 habitants et non plus de 108 000, comme c’est le cas depuis 1986. En revanche, le rapport ne remet pas en cause la règle selon laquelle un département ne peut avoir moins de deux députés. Au total, ce sont donc 35 départements qui doivent perdre ou gagner des sièges. Un chiffre qui sera encore supérieur si le gouvernement ouvre enfin le chantier du remodelage, car il devra s’appuyer sur le recensement de 2008.
Stéphane Mandard
*Source:http://www.lemonde.fr/
[1] CHIFFRES
35 DÉPARTEMENTS CONCERNÉS PAR LE REMODELAGE :
17 DOIVENT GAGNER DES DÉPUTÉS
+ 2 sièges : Haute-Garonne, Seine-et-Marne et Réunion ;
+ 1 siège : Ain, Gard, Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Isère, Loiret, Savoie, Haute-Savoie, Var, Vaucluse, Val-d’Oise, Mayotte, Polynésie.
18 DOIVENT EN PERDRE
2 sièges : Nord et Paris ;
1 siège : Allier, Charente, Indre, Marne, Moselle, Nièvre, Pas-de-Calais, Hautes-Pyrénées, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Seine-Maritime, Deux-Sèvres, Somme, Tarn, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne.
Ecrit par : HP | 17/07/2007
La huitième circonscription de Seine-et-Marne est la plus peuplée et l'une des plus urbaine du département (souce 1999)
Elle est composé des cinq cantons ci dessous :
- canton de Champs-sur-Marne : 31 580 habitants
- canton de Noisiel : 29 717 habitants
- canton de Roissy-en-Brie : 42 216 habitants
- canton de Torcy : 38 236 habitants
- canton de Thorigny-sur-Marne: 27 329 habitants
Soit une circonscription de 169 078 habitants (recensement de 1999).
Si nous comparons avec la circonscription N°4 ( provins) l'ecart de population est assez important, presque 63% d'ecart..........
HP
Ecrit par : HP | 17/07/2007






