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06/08/2007
La crise du "subprime" provoque des dégâts en cascade
Le phénomène n'est toutefois plus circonscrit aux seuls Etats-Unis. Il s'est aussi propagé en Europe. Ainsi en Allemagne, le fonds du réseau mutualiste Union Investment a gelé un de ses produits, victime collatérale du subprime américain. Désormais, afin d'éviter la fuite des capitaux, il est impossible pour un investisseur institutionnel d'effectuer des retraits. De même, la banque IKB a été obligée de lancer un profit-warning sur son exercice 2007-2008, car elle est elle-même très exposée aux portefeuilles immobiliers. Lundi dernier, l'action IKB a dévissé de 20%. Selon Reuters, l'impact « subprime » s'élèverait pour elle à environ 17,5 milliards d'euros !
Face à ce qui ressemble de plus en plus à un effet domino, les autorités publiques ont tenté de reprendre la main pour rasséréner les acteurs du marché. Ainsi, Robert Kimmitt, le secrétaire américain adjoint au Trésor, a-t-il affiché sa sérénité face à la crise. Selon lui, celle-ci ne devrait pas se propager à l'économie nationale. Toutefois, il a reconnu que les « flottements » sur le marché de l'immobilier mettraient « quelques trimestre pour se dissiper ». En France, le gouverneur de la Banque de France s'est évertué, lui aussi, à calmer le jeu. Christian Noyer a ainsi souligné dans l'éditorial du dernier numéro du Bulletin mensuel de l'établissement que la crise du subprime ne présentait pas de « risque global » pour les banques européennes, car les « montants en cause sont suffisamment limités ». Tout juste consent-il à admettre que leur profitabilité pourrait en être affectée mais pas leurs bilans. En attendant, les banques trinquent en bourse. A commencer par Natixis, plus exposée que ses consoeurs. Son action plongeait de près de 10% vendredi à Paris. Crédit Agricole, BNP-Paribas ou encore Société Générale perdaient chacune entre 1 et 2%. La veille, la société de gestion Oddo avait décidé de fermer trois de ses fonds de placement, eux aussi touchés.
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08:40 Publié dans 04 - Acutalités Internationales | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : subprime, degat, etats-unis, france, modem, ozoir, seine et marne
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Les incertitudes et les craintes sur la diffusion au système bancaire international de la crise du crédit immobilier à risque américain ont ébranlé les places boursières cette semaine. Au final, le Dow Jones a réussi à limiter les dégâts, vendredi soir, après plusieurs interventions de la Réserve fédérale (Fed) et a même terminé sur un léger gain de 0,44 % entre le 6 et le 11 août. Sur la même période, le Nasdaq a progressé de 1,34 %.
En revanche, en Europe, les baisses ont été importantes sur la semaine. Le CAC 40 a chuté de 2,67 %, tandis qu'à Londres le Footsie plongeait de 2,99 % et qu'à Francfort le DAX perdait 1,24 %. L'Asie n'a pas été épargnée. Au Japon, le Nikkei a reculé de 1,27 % sur la période.
Déjà ébranlés par la multiplication des difficultés financières d'établissements exposés au marché américain de part et d'autre de l'Atlantique (Countrywide Financial et Washington Mutual aux Etats-Unis, IKB en Allemagne, les fonds d'Oddo et Axa en France...), les investisseurs ont cédé à la panique jeudi et vendredi. BNP Paribas, la première banque française, a annoncé qu'elle gelait trois fonds dont les actifs ne pouvaient plus être évalués du fait de l'effondrement du marché des crédits à risque aux Etats-Unis. Quelques semaines plus tôt, l'établissement avait pourtant émis un message rassurant sur les effets de la crise américaine.
"L'annonce de la BNP a été le catalyseur d'une défiance générale entre les banques", explique un économiste. Personne ne semble en mesure de quantifier les effets de cette crise et les risques portés par les établissements. Pour se prémunir, "les banques cherchent à accumuler les réserves de liquidités comme les ménages dévalisent les supermarchés pour acheter du beurre ou de la farine", poursuit-il. La demande de crédit étant supérieure à l'offre, le coût du financement entre banques a grimpé jusqu'au niveau inhabituel de 4,7 % jeudi.
NOMBREUSES RUMEURS
Pour stabiliser le marché monétaire, les banquiers centraux, en Europe, aux Etats-Unis et au Japon ont réagi et injecté de grande quantité de liquidités via de multiples opérations jeudi et vendredi. "L'intervention des banques centrales a été la bienvenue et devrait continuer afin que la confiance revienne peu à peu", estiment les analystes de Natixis. Ces derniers s'attendent toutefois que les marchés restent encore très nerveux lors des prochaines semaines.
De fait, le rétablissement de la confiance prendra sans doute du temps. "Il faut que les établissements financiers soient plus transparents sur leurs pertes potentielles", jugent les experts de Natixis. Le manque d'information et de transparence alimente la nervosité.
"Les rumeurs les plus diverses circulent", s'agace un analyste. Les investisseurs spéculent ainsi sur l'ampleur des pertes des différentes banques et de grands fonds. Goldman Sachs a dû démentir vendredi être sur le point de geler l'un de ses fonds. Certaines antiennes refont aussi surface, comme le rachat du groupe agroalimentaire Danone par l'américain PepsiCo. "Depuis deux ans cette rumeur revient tous les étés", se lamente la porte-parole de PepsiCo en France.
L'action des banques centrales présente aussi le risque de "créer une accoutumance", indique un économiste. Les analystes écartent toutefois, à ce stade, un scénario catastrophe. Ils relativisent les répercussions de la crise actuelle sur l'économie mondiale. "Même si la croissance aux Etats-Unis peut ralentir, cela ne remettra pas en cause la dynamique globale tirée par les pays émergents", prédit un économiste. "La contagion financière aux pays émergents est limitée", ajoute Nicholas Fields, chez Schroders.
Pour la plupart, les performances de la zone euro devraient aussi rester bonnes. En conséquence, "un changement de cap des politiques monétaires (et une éventuelle baisse des taux d'intérêt pour soutenir la croissance) paraît peu probable, car les banques centrales considèrent que l'on fait face à des tensions passagères et surtout pas à des problèmes de financement du secteur privé", prédisent les analystes de Natixis.
lemonde.fr
Ecrit par : HP | 13/08/2007





