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29/08/2007
La vie, c'est simple
C'est vrai, pourquoi s'embêter ? La TVA sociale, c'est une bonne chose de manière certaine, nous disent quelques zélés défenseurs militants de l'UMP, comme au bon temps des arguments simples de campagne. Pour exemple cette simple démonstration, prise sur un blog militant UMP, qui vise à démontrer que la TVA sociale est une opération blanche pour les prix :
Exemple concret : un baladeur numérique coûte 100 € + 19,6 € de TVA = 119,6 €. Avec une baisse des charges de 5% et une hausse de 5 points de TVA, le même baladeur revient à 95 € + TVA à 24,6% = 95 + 23,37 = 118,37 €.
Quand on vous dit que c'est simple ! Ca ne l'est pas ?
Non. Mais pourquoi la vie n'est-elle donc pas simple ? Pourquoi la réalité ne plie-t-elle pas plus souvent à la simple volonté politique ? Pourquoi une mesure ne produit-elle pas les effets que le politique décide ? Sans doute parce que la réalité refuse de se soumettre, ingrate qu'elle est, à la volonté politique.
Reprenons cet exemple simple, qui a du être échangé dans l'entre deux tours avec la merveille de sa simplicité. Tentons de faire simple, également, pour rester dans le genre. Et éviter les analyses sceptiques d'économistes barbants qui ne font rien qu'à faire croire que la réalité pourrait ne pas devenir celle que veut le politique (comme évoquées dans cet article).
Imaginons un producteur de voitures français.
Il vendait sa voiture 100€. Simplifions-nous la vie en décidant que la voiture est uniquement produite en France à partir de produits français. Ne faisons pas entrer de critères de territoires là-dedans, concentrons-nous sur l'effet inflationniste. Imaginons que la marge de notre constructeur automobile était de 10€, pour simplifier. 90€ de coûts (dont les taxes) et 10€ de marge. Avec, en sus, la TVA, payée par le consiommateur.
La voiture était donc vendue 119,6€.
Chageons l'assiette ainsi que le dit notre ami. On baisse les charges. La voiture coûtait 90€, elle va coûter 85€. Ce n'est pas le prix, ça, c'est le coût complet. Après, notre producteur d'automobile va décider quel prix il peut appliquer.
Que devient la marge du constructeur ? Que va-t-il faire quant au prix ?
C'est là qu'on ne sait pas, que réside l'aléa, la réalité, la décision d'agents économiques différents placés chacun dans des contextes de concurrence différents. Un changement de donnée, c'est une modification de contexte, qui peut produire des effets inattendus. Au Japon, en 1997, on a vu ce type de changements de données, combinés à des situations fragiles, initier une crise économique majeure. En Allemagne, il semble que la hausse de TVA se passe bien sur le plan de l'inflation, même si celle-ci a repris, sans que je ne puisse dire si c'est lié à ça, un cours légèrement à la hausse.
Que va donc faire le constructeur ? On ne sait pas. Il peut se dire que zou, on fait comme avant. 10€ de marge, et puis hop, stabilité des prix. Il peut profiter de cet effet d'aubaine pour améliorer sa marge, par exemple. Il peut se dire qu'il va profiter de cette mesure de renchérissement de sa concurrence étrangère, par exemple (les volkswagen se taperont à plein la hausse de TVA, elles, leurs prix augmenteront de 5%, c'est sûr) pour les suivre. Ou bien pour au contraire afficher une stratégie aggressive sur le côté prix.
Je ne sais pas ce que vont faire les agents économiques. J'attends le rapport pour voir quels scenarii ont été étudiés, cpomment tout cela a été modélisé, quels effets vertueux on peut y trouver et former mon jugement. Je partage l'idée d'une modification de l'assiette, mais je me garde bien de la mesure parée de toutes les vertus, simple et enfin efficace, car née dans l'esprit de Jacques Chirac Nicolas Sarkozy.
La seule chose dont je suis sûr, c'est qu'après avoir créé une monnaie unique, et alors que la majorité de nos échanges sont réalisés avec nos partenaires européens (et que les tshirts chinois, ils ne comptent pas tant que les échanges avec l'Allemagne), nous jouons à un jeu un peu stérile de pseudo dévaluations compétitives. Le marché unique et la coopération européenne restent de grandes phrases (et oui, ce sont les allemands qui ont tiré les premiers, reste à savoir s'il faut le faire aussi).
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PS : quant aux accusations de mauvaise foi ou de caricature, je les laisse à ceux qui pratiquent ce simplisme de bon aloi, agréable et facile.
14:54 Publié dans Divers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : versac, tva social, modem, modem ozoir, ozoir la ferriere, seine et marne







