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10/01/2008
2008, année de toutes les ruptures... et de toutes les factures
Dans un climat économique plus incertain - échappera-t-on à une troisième loi sur le pouvoir d'achat... ? -, le tempo des réformes va nettement s'accélérer en 2008, avec un calendrier politique et social très contraint. Entre les élections municipales de mars - qui vont réduire le temps parlementaire pour faire voter un grand nombre de textes pourtant majeurs - et les élections prud'homales début décembre - qui risquent de réduire les marges de manoeuvre de syndicats pourtant ouverts comme jamais à la négociation -, la France va devoir engager en un semestre la quasi-totalité des réformes laissées en jachère depuis dix ans.
Marché du travail, service public de l'emploi, assurance chômage, formation professionnelle, durée du travail, représentativité et financement des syndicats, santé, retraites, réforme de l'État et de la fonction publique... Rien ou presque n'a été oublié et il y a là de quoi provoquer sans doute de nombreuses grèves et faire tomber plusieurs gouvernements. Sans compter les réformes économiques, comme la revue générale des prélèvements obligatoires, qui va ouvrir la voie à la remise à plat d'une fiscalité française lourde, complexe et parfois obsolète, ainsi qu'au réexamen du financement d'une protection sociale menacée par le vieillissement de la population. S'ajoute à cela le très attendu rapport Attali, à la mi-janvier, sur la " libération de la croissance française ", qui sera sans doute moins libéral qu'on le pense, mais proposera des réformes radicales dans le fonctionnement de la concurrence sur les marchés de biens et de services. L'enjeu est rien moins que la modernisation d'une économie encore encalminée par des rentes de toutes sortes, et la revitalisation d'un dialogue social dont l'absence a trop longtemps freiné l'adaptation de la France aux réalités du monde d'aujourd'hui.
UN DOUBLE DANGER
Tous les observateurs, même les plus critiques, reconnaissent à Nicolas Sarkozy sa volonté de mettre en oeuvre des changements en profondeur. Mais la lisibilité de l'action d'ensemble est menacée par le foisonnement des chantiers ouverts tous en même temps, d'où un double danger pour le chef de l'État. Celui de se cantonner à des demi-mesures, pour privilégier l'affichage de changements plus politiques que réels. Et celui d'un coup d'arrêt, que fait planer le probable retournement du cycle économique, avec la perspective d'un fort ralentissement, voire d'une récession américaine. Cette menace est d'autant plus grande que, sans croissance, il sera plus difficile de faire accepter aux Français de nouveaux sacrifices. Il faudra même sans doute - la réforme des régimes spéciaux de retraite l'a bien montré - dégager des moyens nouveaux pour indemniser ceux qui en seraient " victimes ". Et il faudra bien alors en présenter la facture, avec probablement d'inévitables hausses d'impôts à la clef, la situation des déficits et de la dette restant extrêmement tendue en comparaison des efforts réalisés par nos voisins européens.
latribune.fr
12:59 Publié dans Divers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : ruptures, 2008, factures, modem, modem ozoir, ozoir la ferriere





