MoDem - Mouvement Démocrate

04/04/2008

UFC Que Choisir dénonce le manque de concurrence dans la distribution alimentaire

L'écart de prix du panier moyen entre deux hypermarchés du même groupe peut atteindre 20% lorsque l'un fait face à des concurrents et l'autre non, constate l'association de consommateurs.

L'absence de concurrence dans la distribution alimentaire coûte des centaines d'euros aux ménages chaque année selon l'UFC-Que Choisir, qui propose de renforcer le rôle du Conseil de la concurrence pour contrer les positions dominantes des enseignes. L'écart de prix du panier moyen entre deux hypermarchés du même groupe peut atteindre 20% lorsque l'un fait face à des concurrents et l'autre non, constate l'association de consommateurs, dans une étude publiée jeudi. Cette étude porte sur un échantillon de 160 produits alimentaires de grande consommation dans 40% des zones de chalandises en France, soit 634 hypermarchés et zones de chalandise.

"Il y a une minorité de zones de chalandises dans lesquelles les hypermarchés sont en réelle concurrence. Ces monopoles se sont constitués au fil des ans", a commenté Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir. Or "un hypermarché en situation de non concurrence augmente les prix", a-t-il ajouté.

L'étude révèle que seules 26,9% des zones sont "potentiellement" concurrentielles, le consommateur ayant le choix entre plus de deux hypermarchés. Cependant, dans 36,9% des cas, il y a une concurrence "moyenne" avec seulement deux hypermarchés et dans 32,9% il n'y a qu'un seul hypermarché, donc pas de concurrence.

L'écart de prix entre deux hypermarchés du même groupe, lorsque l'un est sur une zone concurrentielle et l'autre non, fluctue de +5% à +20%.Il est le plus élevé chez Carrefour (+20,56%) et le moins chez Auchan (+5%). Cet écart est de 7,22% chez Cora et Casino, de 10,24% chez Leclerc, de 11,14% chez Intermarché et de 13,02% chez Système U.

Donnant l'exemple de Carrefour à Marseille, UFC souligne que le consommateur paiera 5,45% plus cher au Carrefour du 15ème arrondissement que dans celui du 8ème arrondissement. En moyenne, pour un ménage marseillais moyen, cet écart représente un surcoût annuel d'environ 230 euros.

Dans le département de la Gironde l'association donne l'exemple de Leclerc. Un ménage de Talence paiera 9,32% plus cher ses courses qu'un autre habitant de Port-Ste-Foy-et-Ponchapt, où Leclerc est concurrencé par un géant Casino.

"Déménager permettrait au ménage de Talence de faire une économie annuelle d'environ 392 euros en moyenne", selon M. Bazot.

Les clients de ces hypermarchés achetant aussi des produits non alimentaires, les surcoûts sont encore plus élevés. UFC-Que Choisir ajoute que son étude a été réalisée en septembre 2007, à une période où les prix étaient relativement bas par rapport à "la grande inflation du dernier trimestre" 2008.

"Notre estimation des écarts de prix est donc probablement bien en dessous de la réalité" actuelle, indique-t-elle.

Dans les zones non concurrentielles, les hypermarchés préfèrent augmenter les prix des produits de grandes marques, particulièrement Carrefour et Auchan, alors que leurs marques propres restent peu inflationnistes.

Pour régler cette situation, UFC-Que Choisir milite pour une réforme en profondeur de la loi Raffarin sur l'implantation commerciale, qui a facilité "la concentration du secteur".

"Il faut donner un pouvoir d'injonction au Conseil de la concurrence. Par exemple, lorsque deux Leclerc ou deux Carrefour sont présents dans la même zone de chalandise, le Conseil doit pouvoir enjoindre Leclerc ou Carrefour à céder un de ses hypermarchés à la concurrence", a proposé M. Bazot.

Asterop, une société spécialisée dans la consommation, a publié lundi une étude montrant également une absence de concurrence dans la distribution de l'équipement sportif et l'ameublement.

source AFP

13/03/2008

Le dernier poilu est mort, hommage national lundi aux Invalides

C'était le dernier d'une immense cohorte, celle des 8,5 millions de soldats français de la Grande guerre: Lazare Ponticelli, dernier poilu survivant de l'un des conflits les plus meurtriers de l'Histoire, s'est éteint mercredi à l'âge de 110 ans au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).

Lazare Ponticelli, doyen des Français et dernier légionnaire de la Grande guerre, est décédé à 12h45 au domicile de sa fille, sept semaines après Louis de Cazenave, mort le 20 janvier, également à 110 ans.

Un "hommage national" sera rendu lundi matin à Lazare Ponticelli et à l'ensemble de ses camarades de combat lors d'une messe aux Invalides.

Longtemps réticent, il avait consenti peu de temps avant de s'éteindre qu'un tel hommage soit organisé par l'Etat, à la condition qu'il englobe expressément l'ensemble de ses camarades de combat.

Avec Lazare Ponticelli disparaît le dernier combattant français de la guerre de 1914-1918, qui fit dix millions de morts, dont 1,4 million de soldats français: paysans, employés, instituteurs, ouvriers, bretons ou auvergnats, tirailleurs marocains ou sénégalais, tués sur les coteaux de la Marne, dans les tranchées de Verdun ou du Chemin des Dames.

Avec 1,4 million de soldats "morts pour la France", la France a connu une saignée sans précédent : 900 morts en moyenne par jour durant les 51 mois de guerre, du 1er août 1914 au 11 novembre 1918, avec 20.000 tués pour la seule journée du 22 août 1914 en Lorraine.

1,4 million de morts et aussi 3 millions de blessés, dont 1 million d'invalides, amputés ou gazés et 15.000 "Gueules cassées", ces soldats défigurés qui vont rappeler durant des années ce conflit aux Français.

1,4 million de morts et aussi des centaines de milliers de veuves et d'orphelins. Des centaines de milliers de femmes qui remplacent les hommes, partis au front, dans les usines d'armement, les écoles et les hôpitaux.

1,4 million de morts et presque autant de noms inscrits sur les monuments aux morts des 36.000 communes de France, dont une quinzaine seulement n'érigèrent pas de monument car aucun soldat du village n'avait été tué. Mais aussi les mots "Tu ne tueras point" inscrits sur le monument aux morts d'Avion (Pas-de-Calais), ou "Maudite soit la guerre" sur celui de Gentioux (Creuse).

1,4 million de morts, dont des milliers de disparus ou jamais identifiés dans la boue de la Marne ou de Verdun, symbolisés par le Soldat Inconnu qui repose sous la voûte de l'Arc de Triomphe.

1,4 million de morts, la grande majorité dans la "zone rouge" allant de la Mer du Nord à la Suisse avec ces noms gravés dans l'Histoire de France: la bataille de la Marne et ses taxis (septembre 1914); le Bois des Caures, les forts de Douaumont et de Vaux, la "Voie Sacrée" à Verdun (février-décembre 1916); le Chemin des Dames (printemps 1917) et l'échec sanglant de l'offensive Nivelle suivis de mutineries.

1,4 million de morts et les 675 soldats fusillés sous l'uniforme français pour désertion, mutinerie, refus d'obéissance, ou crimes de droit commun, dont 49 au printemps 1917 au Chemin des Dames.

1,4 million de morts, dont le soldat Pierre-Auguste Trébuchon, tué sur les bords de la Meuse le 11 novembre 1918 à 10h50, dix minutes avant la sonnerie du cessez-le-feu à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de 1918.

"Plus jamais ça", dirent alors certains poilus. D'autres affirmèrent que cette guerre serait "la der des ders"...

AFP