MoDem - Mouvement Démocrate

14/04/2008

Conférence de presse du 14 avril

1456582482.jpgDéclaration de François Bayrou (seul le prononcé fait foi) : "Mesdames, Messieurs, Je vous remercie d'avoir accepté cette rencontre. J'ai voulu vous dire quel est, à mes yeux, l'enjeu des semaines qui viennent pour le Mouvement démocrate et de la manoeuvre qui est engagée autour de lui. Depuis quelques jours, nous savons de manière certaine que des mouvements présentés comme internes, la mise en cause de la ligne d’indépendance de notre mouvement, n'avaient en réalité pas grand chose de spontané, qu'ils étaient dirigés et agités de l’extérieur, et pour parler clairement, de l’Elysée. Je veux vous dire ma réaction lorsque j’ai lu ces documents et les échos de presse nombreux qui les précédaient et qui, tous, allaient dans le même sens. Je me suis dit qu’on attendrait du président de la République, dans une telle période de crise financière, économique, sociale, d’éducation, qu’il s’occupe de l’essentiel pour le pays, et qu’il respecte tous ses concitoyens même s’ils ne sont pas d’accord avec lui.

Je me suis dit que l’intrigue, la déloyauté, le cynisme, ce n’était pas cela qu’on attendait des gouvernants en démocratie, surtout de ceux qui articulant une promesse illusoire, une de plus, affirmaient vouloir construire une « démocratie exemplaire ».

La manœuvre qui est préparée est d’une clarté biblique, pour ne pas dire d’une assez grande naïveté. Nous en connaissons désormais les tenants et les aboutissants.

Elle consiste primo : à « cibler » un certain nombre d’élus en leur promettant portefeuilles, galons et chamarrures, et à dresser ainsi les élus contre la volonté d’indépendance des militants.

Secundo : à essayer de déstabiliser le Mouvement démocrate en prétendant qu’on pourrait dans un illusoire retour en arrière faire revivre l’UDF d’antan, contre la décision solennelle de son congrès, en en faisant de nouveau l’allié inconditionnel du parti majoritaire.

Tertio : pour s’assurer de la manœuvre, que l’UDF serait attaquée dans son patrimoine, le patrimoine dont elle est dépositaire comme association, qui a été construit au fil du temps contre tous les assauts et toutes les menaces, sous ma présidence exclusivement, avec l’arrière-pensée que l’on puisse par le même moyen priver notre famille politique du financement public obtenu par ses candidats.

Quattro, enfin : que cette manœuvre conduirait à l’éclatement du Mouvement démocrate, à un pseudo « parti du centre » de plus, un satellite de plus autour de l’UMP, pour noyer la voix originale du Mouvement démocrate dans les sables mouvants d’un centre inféodé. Le but étant d’obtenir le plus grand nombre possible de faux centres de manière à faire croire qu’il n’en existe vraiment aucun…

Cette manœuvre s’accompagne, annonce -t-on ouvertement, d’un changement du mode de scrutin pour les élections régionales, destiné, croient-ils, à nous empêcher de trouver notre place dans cette élection.

Cet ensemble de manœuvres, je ne le laisserai pas se dérouler sans réagir.

Car il y va d’un immense enjeu, d’un enjeu bien plus important que l’existence d’un parti ou le combat d’un homme ou d’une équipe.

Le but de cette manœuvre, c’est qu’il n’y ait pas en France de centre indépendant, de courant démocrate pour offrir un choix nouveau à notre pays.

Le fond de cette manœuvre, c’est de mettre un terme définitif au pluralisme dans notre pays, en éliminant ceux qui lui résistent, et d’instaurer une fois pour toutes le bipartisme à l’américaine, deux partis et deux seuls, avec quelques satellites décoratifs pour sauver les apparences.

Si cette manœuvre réussissait, cela voudrait dire que les Français seraient à l’avenir condamnés à choisir à tous coups, entre l’UMP et le PS, l’UMP et ses satellites et le PS et ses satellites.

Il n’y aurait donc plus de recours pour tous ceux qui estiment qu’il peut arriver, et qu’il arrive souvent, que l’UMP et le PS se trompent tous les deux !...

Il n’y aurait plus de solution, plus d’espoir, pour tous ceux qui pensent, qui savent, qu’un grand pays  moderne, avec sa complexité, dans les temps si bouleversants , si bouleversés que nous vivons, ne peut pas avoir, pour son avenir, le choix qu’entre deux options.

Cela n'existe d'ailleurs dans aucun pays du monde.

Le combat que nous allons conduire pour sauvegarder et garantir la pleine indépendance, l’autonomie de pensée et de choix du Mouvement démocrate, ce combat n’est pas seulement pour nous, c’est un combat pour le pluralisme en France.

De ce combat, j'en suis persuadé depuis longtemps, le jour où il aura été conduit à son terme, d’autres courants politiques profiteront et ce sera un bien.

Et c’est d’autant plus important, cette défense du pluralisme,  au moment de l’histoire où nous sommes, au moment où le projet qui fut porté par Nicolas Sarkozy révèle se révèle, dans son erreur de jugement, et souvent dans sa mystification.

Tout montre, je le dis avec gravité, que la France va dans le mur, avec une dégradation parallèle et accélérée de la situation économique, financière et sociale.

Un certain nombre des fondamentaux qu'a choisis Nicolas Sarkozy sont préoccupants pour notre pays.

Je veux en citer quatre exemples, de désaccords profonds :

Nous sommes en désaccord depuis le premier jour avec la politique qui a été choisie pour les finances publiques de notre pays, qui a consisté à laisser croire follement, pendant des mois, que l’équilibre se retrouverait par la distribution d’argent facile, en particulier par des avantages fiscaux pour ceux qui étaient déjà les plus favorisés. Cette politique de légèreté, en peu de mois, a conduit à un déficit de dix milliards d’euros supérieur au déficit de l’année précédente. Cette politique « keynésienne », ou pseudo-keynésienne, qui est, disons-le en passant, traditionnellement, la politique même du parti socialiste, va déboucher sur un accident économique et budgétaire sans précédent car il n’y a plus de marge de manœuvre, et il n'y a plus de soupape d'échappement.

Nous sommes en désaccord avec les fausses promesses et nous craignons la crise sociale qu’une telle déception peut entraîner. On a promis, pendant la campagne présidentielle, à des Français qui l'ont cru,  tout et le contraire de tout : on a promis l’augmentation du pouvoir d’achat ; on a promis qu’on rendrait aux Français 68 Milliards d’euros ; on a promis le Revenu de solidarité active pour les plus pauvres ; on a promis des droits sociaux supplémentaires ; on a promis que l’éducation serait la priorité de la nation. Aucune de ces promesses n’a été respectée et aucune ne le sera car leur addition était en soi intenable, comme je l'ai dit pendant la campagne présidentielle. Leur addition était intenable étant donné la situation du pays. Mais on a appliqué la vieille loi qu’on enseignait dans les Hauts-de-Seine : « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Cet abus de promesses a nourri le risque d’une crise sociale, la pauvreté gagnant, et les classes qu’on appelait hier moyennes étant de plus en plus exposées, aussi bien aux franchises, qu’à l’augmentation des produits de première nécessité comme le gaz, ou à un appel général aux mutuelles. Je ne sais pas quelle forme peut prendre cette crise sociale, mais à l’état endémique, cette crise sociale est le fond de l’humeur de notre pays.

Nous sommes en désaccord avec ce que Nicolas Sarkozy a choisi de faire de la fonction présidentielle. Et nous avons une tout autre idée de ce que doit être le président de la République. Pour nous, le président de la République, c’est l’homme de la nation et non pas l’homme d’un parti ou d’un clan. Il est pour nous incompatible avec l’idée de la fonction d’imaginer que le président de la République puisse, au vu et au su de tout le monde, présider au comité qui organise la majorité. Cela veut dire qu’il est le représentant de ses partisans, et non pas le représentant du pays tout entier. Or dans les mois et les années qui viennent, plus que jamais, le pays a besoin d’un président qui soit au-dessus des intérêts et des contingences des partis. Car les problèmes qui viennent ,menacent la nation tout entière, dans sa substance, dans son tissu social, dans son unité.

C’est la fonction symbolique du président de la République qui est en jeu. Je sais bien que nous sommes dans un temps où certains croient que « symbolique »  signifie « de peu d’importance ». Le ministre de la Défense a récemment déclaré ainsi que vraiment le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN « était une affaire purement symbolique ». Or les peuples et les hommes, et tous les temps sont là pour le confirmer, n’ont cessé d’éprouver que le symbolique était au contraire essentiel, au sens le plus lourd du terme.

C’est pourquoi , quatrième sujet de préoccupations urgent, nous nous battrons de toutes nos forces pour persuader notre pays et l’ensemble des décideurs que cette décision de faire rentrer la France dans la structure intégrée de l’OTAN est une faute pour notre pays. C’est la perte d’un atout, symbolique et donc décisif, pour son identité, pour sa voix singulière dans le monde et en Europe. Depuis des décennies, et particulièrement durant ces dernières années, un équilibre avait été trouvé qui répondait au double intérêt de notre pays : nous étions des partenaires dans l’alliance atlantique, capables de participer chaque fois que nous l’estimions juste et nécessaire, comme on l'a vu lors de la première guerre du golfe, come on l'a vu dans les Balkans, comme on l'a vu  en Afghanistan. Mais nous affirmions en même temps notre singularité, notre capacité de dire non, haut et fort, haut et clair, et le monde entier le savait, le monde entier en tout cas l’a vérifié au moment du « non » retentissant que la France de Jacques Chirac a opposé à la décision américaine d’envahir l’Irak. C’est un abandon historique qui est en train de se préparer ici et le fait que cet abandon soit, en effet, symbolique, s’entendra dans le monde entier et chacun prendra acte de ce que la France est redevenue pays comme les autres.

Et c’est grave pour le destin de l’Europe. Les choses étant aujourd’hui ce qu’elles sont, c’est l’indépendance de la France qui garantissait l’authenticité de l'indépendance de l’Europe. Différents, nous étions la quille du bateau. Rentrés dans le rang, le bateau n’aura plus de quille : nous n’aurons plus les moyens de nous opposer au conformisme de l’alignement. Il a été surabondamment montré, ces dernières années, que les alliés les plus proches, les plus anciens des Etats-Unis, les plus intimes, et Tony Blair au premier rang, n’avaient aucune capacité d’influer dans les moments cruciaux sur les décisions de la première puissance du monde. L’Europe n’a pas , pour nous, à solliciter la permission d’exister. C’est le contraire. La volonté d’exister s’affirme, mais ne se sollicite pas.

Il est donc d’importance nationale que les Français, quand ils auront constaté l’échec inéluctable de la majorité, ne soient pas contraints, obligés  de se livrer au Parti socialiste comme il est aujourd’hui, et dont un certain nombre d’orientations méconnaissent et risquent d’aggraver la réalité du pays.

En tout cas, il est d’importance nationale que le moment venu, les Français aient le choix. Qu’ils se voient offrir un choix réel entre des voies de recours différentes.

Il est d’importance nationale autrement dit, qu’une alternative démocratique soit construite et présentée aux Français.

La France, dans sa démocratie, dans sa gestion, dans ses priorités, dans sa vie sociale, économique, dans sa vie internationale a besoin d’un autre projet .

Mais ce projet ne pourra être défini, porté et défendu que par un mouvement politique assuré de lui-même, décidé à résister aux menaces et aux tentations, où les élus sont en phase avec les adhérents et les militants, et où les militants eux-mêmes sont cohérents.

C’est pourquoi je conduirai sans faiblir la contre-attaque contre ces manoeuvres. Si c’est d’un combat qu’il s’agit, ce combat, nous allons le mener.

J’ai décidé d’en appeler aux adhérents, aux militants et aux sympathisants du Mouvement démocrate. C’est l’heure de la grande clarification pour échapper aux tentatives de déstabilisation et pour construire un mouvement cohérent.

Je le dis aux adhérents qui ont fait le Mouvement démocrate : c’est maintenant à vous de vous exprimer. C’est votre détermination qui fera tranquillement échec à toutes les manœuvres, d’où qu’elles viennent. Je vous appelle à exprimer votre conviction, à prendre à votre tour les choses en main.

Je vais donc soumettre au suffrage des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté. Et j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux adhérents. Alors nous compterons les soutiens. C’est maintenant, devant nos adhérents et militants que tout débat doit être conduit et tranché.

Cette clarification devra être accomplie avant l’été pour que cessent les manœuvres de déstabilisation. Le 26 avril devant ceux qui ont porté nos couleurs aux élections municipales, le 14 mai devant notre conseil national, nous fixerons les conditions de cette consultation en même temps que le calendrier et les conditions de l’élection de nos instances locales.

Pour moi, les choses sont claires : je n’accepterai plus ni manœuvres internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar. C’est vers nos adhérents que je me tourne. Il faut leur exposer clairement et nous le ferons, les données de la situation. Et il faut leur faire confiance pour trancher, pour fixer une fois pour toutes le cap et les règles, et donc le destin, de notre mouvement."

07/04/2008

Gilles Artigues dénonce "la tentative de destruction" du MoDem

Gilles Artigues, nouveau conseiller général de la Loire et membre du comité exécutif du Mouvement Démocrate (MoDem), s'exprime sur la décision de Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne et ancien ministre, de quitter le mouvement de François Bayrou pour "faire revivre l'UDF".

Gilles Artigues, dénonce "avec force la énième tentative de destruction de l'entreprise menée par François Bayrou pour transformer en profondeur, la vie politique française. Cette question de l'indépendance du Mouvement Démocrate a pourtant été tranchée, de manière claire et à la presque unanimité, lors du congrès fondateur du MoDem, en décembre dernier. Jean Arthuis ne respecte donc pas le choix des militants et "courageusement", s'épanche dans la presse, plus friande des propos de joueurs qui marquent contre leur camp que de ceux qui défendent, contre vents et marées, leurs couleurs".

Pour le patron du MoDem dans la Loire: "L'approche des prochaines élections sénatoriales explique cette brusque agitation. C'est en effet, à l'UMP, que Jean Arthuis doit sa Présidence de la Commission des Finances, au Palais du Luxembourg et il faut bien plaire à celui qui "vous a fait roi"...Tant pis, si les convictions en font les frais... Quelle logique, en effet à vouloir "ressusciter" l'UDF ? Le Nouveau centre, inféodé à l'UMP, ne joue-t-il pas déjà ce rôle de supplétif servile".

Gilles Artigues réaffirme sa fidélité à François Bayrou qui "reste un recours pour notre pays. Il est heureux qu'il y ait un homme qui ne se soit pas fait acheter par le pouvoir dominant et qui constitue une alternative plus crédible qu'un PS sans ligne claire et sans leader. Non, François Bayrou n'est pas un gourou, le chef d'une secte!".

Enfin, le conseiller général de la Loire reconnait qu'il faut "mettre en place une vraie organisation du MoDem [...] François Bayrou ne renoncera: pour lui, la vie politique doit s'organiser en trois pôles équilibrés: à la droite et la gauche, doit s'ajouter un centre libre et indépendant. C'est à une vraie révolution qu'il nous invite".

Zoom42.fr

15/01/2008

MORET-SUR-LOING, le patron du MoDem 77 au créneau

Réélu tranquillement depuis 1989 sous l’étiquette UDF, Patrick Septiers, avait balayé les Verts lors du premier tour en 2001, avec le soutien du RPR. Depuis, dans cette ville de 4 477 habitants, la donne a changé. L’UMP a parachuté son candidat, James Charon, afin de  torpiller le sortant, coupable d’avoir rallié le MoDem. Du coup, Pascal Marotte (Verts) vient de rejoindre la liste de P. Septiers, où l’on trouve également des militants PS et… UMP. « Une alliance entre hommes de bonne volonté », précise le maire.

 

leparisien

François Bayrou et MediaPart

François Bayrou et MediaPart
Vidéo envoyée par Mediapart

François Bayrou, président du MoDem, a indiqué qu'il soutenait MediaPart, le projet de site indépendant d'information en ligne porté par Edwy Plenel, comme il soutiendrait "tout projet du même ordre".a-t-il indiqué dans un entretien à MediaPart.fr. "L'engagement, la crédibilité de ceux qui le portent est réel » ajoutant qu'il "attend d'une presse indépendante qu'elle respecte le pluralisme et qu'elle dévoile le dessous des cartes".

14/01/2008

Cet Improbable Moment Territorial

Certains combats cessent d’exister… désertés par leurs contradicteurs, leurs spectateurs ou leurs animateurs. Le combat territorial fait partie de ces combats-là et c’est Edouard Balladur qui est venu nous le rappeler dernièrement. Dans les conclusions médiatisées du Comité sur la modernisation et le « rééquilibrage » des institutions, vous ne trouverez pas de bilan de la décentralisation, pas de réflexion sur les liens, le rôle et l’imbrication institutionnelle de nos territoires.

 L’hyperprésidentialisme a donc fait une nouvelle victime ; la concentration des attentions et des réflexions sur la « tête » de l’Etat a squizzé toute remise en question de l’organisation territoriale française. Personne ne soutiendra que cette question n’est pas au cœur de la thématique institutionnelle, personne ne soutiendra non plus que tout a été fait en matière territoriale et que nous sommes aujourd’hui parvenus au point de perfection. Non, le territorial reste un combat et pourtant, on a toujours l’impression que le territoire sent la vache ou le pâté. 

Aux racines du mal français, il y a sans doute ce flou indéfinissable et mouvant qui peine à installer le citoyen dans son lieu, l’acteur public dans son rôle. Aux racines du mal d’Europe, il y a sans doute cette incapacité à définir, nommer et faire vivre les niveaux de pouvoir. Plus que des paillettes et des élans médiatiques, les citoyens ont besoin de proximité, de concret, d’encadrement et de clarté. C’est la redéfinition des territoires, ce sont des leviers d’action nouveaux pour les acteurs politiques locaux qui réconcilieront durablement le citoyen avec ses représentants.

La logique partenariale, le compromis et la pédagogie ont prouvé qu’ils savaient vivre à l’échelle de nos communes, de nos pays et de nos régions. Militons pour installer ces logiques dans les habitudes de la politique nationale. Proposons une redéfinition des responsabilités de chacun.

Un rapide bilan des territoires en France laisse apparaître 3 niveaux malades et 2 niveaux bien vivants.

L’Etat peine à réformer, investir et rassembler. Destinataire de toutes les attentes et de tous les mécontentements, il en est réduit à distribuer plus d’argent que d’avenir.

L’Europe peine à s’enraciner dans le concret, à susciter à nouveau l’espoir. Elargissements et referenda ratés, nouvelles peurs, truchement des discours nationaux : que reste t-il de nos rêves ?

Le département demeure le symbole de cet enchevêtrement illisible de compétences. Entre les communautés d’agglomération et les Régions, sa place s’est réduit jusqu’à disparaître sans que jamais les conséquences n’en soient tirées.

La région, solide entité dans cette nouvelle carte des compétences héritée de la décentralisation, échelon pertinent du développement économique et des aménagements publics réclame un nouveau souffle ; capacités nouvelles de financement, adaptabilité réglementaire, représentation nationale et péréquation restent à inventer.

Les communautés de communes, d’agglomération ou urbaine se sont imposées dans notre quotidien. Aujourd’hui elles réclament une pleine légitimité, démocratique et financière.

Se battre pour l’Europe de la défense, de l’environnement, de la recherche et de l’investissement, se battre pour des régions innovantes, leaders dans le développement économique, se battre pour une démocratie de proximité respectée et capable d’endiguer le malaise des zones oubliées: voilà du grain à moudre pour repenser le sens et l’efficacité de nos institutions, voilà de quoi « moderniser » et « rééquilibrer » notre démocratie. Dessiner, dans le cœur des citoyens, une carte nouvelle des territoires et des appartenances, voilà ce qu’est le moment territorial, voilà ce qu’est ce combat oublié.

Faisons vivre les prochaines élections municipales plus fort !

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09/01/2008

"travailler plus pour gagner moins"

F.Bayrou est revenu lors de ses voeux à la presse sur la volonté affichée par Nicolas Sarkozy d'en finir avec les 35 h.

(…) Les six premiers mois de ce mandat, les six premiers mois de gouvernement, on a dit aux Français, au fond, quelque chose de simple : « si vous voulez gagner plus, vous allez pouvoir le faire en travaillant plus, en faisant des heures supplémentaires, en faisant racheter vos journées accumulées de RTT ». Et on a présenté cela « travailler plus pour gagner plus » comme la résolution des problèmes principaux du pays.

Il y a eu certes deux désillusions assez lourdes l’une et l’autre : la première, c’est que les Français ont découvert (l’ignoraient-ils vraiment ?) que les heures supplémentaires, cela ne se décrète pas, en tout cas que cela ne se décrète pas sur décision du salarié, que ce qui fait les heures supplémentaires, c’est le carnet de commandes de l’entreprise. Et la deuxième, c’est que pouvoir politique et pouvoir administratif, sans s’en rendre compte, ou au contraire sachant parfaitement ce qu’ils faisaient, ont fait du texte « libérant » les heures supplémentaires, une incroyable usine à gaz, absolument incompréhensible, même pour les DRH des entreprises, même pour les experts comptables.

Mais enfin, dans tous les bilans de fin d’année 2007, chaque fois qu’un parlementaire de la majorité devait s’exprimer, il soulignait à l’envi, le plus, la chance qu’avait représentée pour beaucoup de salariés cet apport des heures supplémentaires. Souvenez-vous : « pour un salarié au Smic qui accepte de travailler quatre heures de plus, cela représente ce mois-ci, une augmentation de 15 %... », et tout le monde disait cela partout, sur tous les plateaux…

Et voilà que sans rien nous dire, presque sans qu’on le remarque, sans qu’on le souligne, sans nous avertir en quoi que ce soit d’un changement d’orientation du gouvernement, en fait, on a assisté ces derniers jours à un changement de cap à 180° ! Puisqu’on a découvert dans la lettre d’orientation du gouvernement, puis de la manière la plus explicite dans les déclarations de Nicolas Sarkozy hier que le but était désormais la disparition du repère des 35 heures dès cette l’année. J’imagine que si l’on supprime les 35 heures, c’est pour allonger la durée du travail. Et donc il n’y aura plus d’heures supplémentaires payées 25 % de plus, non chargées et non imposées, car elles seront remplacées par des heures normales, payées 25 % de moins, chargées et imposées ! Si je compte bien, c’est donc travailler plus pour gagner moins : un changement complet de politique du travail. Et s’il n’y a plus cette référence à la durée légale, alors il n’y aura plus d’heures supplémentaires et plus de RTT à récupérer ou à racheter. (…)

F.Bayrou

Desproges

"Etre de droite ou de gauche, c'est être hémiplégique", Pierre Desproges

Rapport Balladur : effet placebo sur la démocratie française ?

La Commission Balladur a rendu son rapport sur la réforme des institutions de la Vème République ce mois dernier. Ce rapport final rassemble 77 propositions devant permettre une rééquilibrage les pouvoirs et un meilleur fonctionnement de notre démocratie. Cependant, les suites à attendre de ce rapport sont encore floues. Espérons qu’il sera suivi d’effets, et qu’il ne sera pas oublié après les municipales. Il présente en effet des avancées dans de nombreux domaines, et devrait de toute façon être la base d’un débat porteur sur les institutions.

Mais la publication de ce rapport et le débat sur la réforme des institutions qui l’entoure soulèvent une nouvelle question: la réforme des institutions permettra-t-elle de résoudre la crise de la représentation ? Car c’est bien cette crise de la représentation qui est à l’origine des dysfonctionnements de la démocratie française auxquels on assiste aujourd’hui.

N’y aurait-il pas une tendance, dans le discours politique, à transformer cette crise de la représentation en une crise des institutions ? Une crise de la représentation est en effet beaucoup plus problématique pour les hommes politiques, dans la mesure où admettre l’existence d’une telle crise reviendrait à remettre en cause leur propre pouvoir. Tandis qu’une crise des institutions est indépendante de la volonté des hommes politiques, qui peuvent même faire de la résolution de cette crise le coeur de leur action politique.

Je ne conteste pas l’existence de dysfonctionnements dans le système institutionnel français. Il existe bien un problème de séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif ; la question du rôle du premier ministre et des parrainages pour les élections présidentielles sont de réels problèmes. Mais je me demande (et vous demande) si la « crise de la démocratie française » trouvera dans ce rapport son remède, et si inconsciemment ou consciemment l’accent n’est pas mis sur la crise des institutions pour gommer la crise de la représentativité, bien plus grave et bien plus complexe à régler.

C’est à partir de 1995 que sont apparus les premiers symptômes d’une crise de la représentation en France. Elle semble résulter de la combinaison de deux phénomènes : la défiance à l’égard des élites qui gouvernent la France et le refus de toute forme d’adaptation au monde moderne. Cette crise de la représentation explique ainsi la montée des extrêmes, le FN comme l’extrême gauche se nourrissant de cette défiance à l’égard des gouvernants et de cette peur face au changement.

Cette crise du système représentatif est apparue d’autant plus évidente à mesure que les moyens modernes de communication ont fait de l’opinion publique un partenaire incontournable du fonctionnement démocratique. La prise de parole de l’opinion publique brouille complètement le message de la démocratie représentative. La généralisation des blog exprime la volonté de se faire à son tour journaliste.

En dépit de ce bouleversement, le système représentatif continue de considérer l’électeur comme un citoyen passif. Le citoyen reste cantonné dans ces moyens de communication et d’information relativement indirects avec les partis et les hommes politiques. Les mécanismes de sélection des dirigeants au sein des partis demeurent obscurs pour lui (sauf au MoDem bien sûr, parti de la démocratie interne et de la transparence par excellence…). Ainsi, les institutions de la démocratie représentative sont devenues aujourd’hui non seulement des outils inefficaces, mais aussi de véritables machines à exclure.

Cette défiance à l’égard des représentants débouche sur une remise en question courante des lois par la « rue ». On l’a vu lors de la crise du CPE, et on le voit aujourd’hui avec la mobilisation étudiante contre une loi déjà votée, la loi LRU. Tout se passe comme si, pour être légitime et applicable, la loi avait désormais besoin d’une double ratification : celle du Parlement, celle de la « rue ».

Face à cette crise de la représentativité, la Constitution peut apparaître comme un bouc émissaire facile. La constitution de la Vème République serait la source de tous les maux de notre démocratie, et le responsable serait donc son père fondateur, le général de Gaulle. Ce dernier est accusé d’avoir taillé les institutions de la Vème République à sa mesure, ce qui expliquerait qu’elles ne conviennent plus à ses successeurs. Mais, comme le fait remarquer à juste titre Jacques Julliard dans Nous, le peuple – Crise de la représentation, le général de Gaulle était au contraire le seul qui n’avait pas besoin de « béquilles constitutionnelles » pour imposer son pouvoir. La crise de la représentation était donc probablement latente en 1958, mais a été étouffée par la carrure du général et sa capacité à regrouper autour de sa personne. La crise de nos institutions apparaît donc comme une fable cachant quelque chose de plus sérieux : la crise de la représentation.

Il ne faudrait donc pas surévaluer la capacité du rapport Balladur à améliorer fondamentalement le fonctionnement de la démocratie française. Il est peu probable que les 77 propositions règlent la crise de défiance des citoyens envers leurs représentants. Il s’agit avant tout d’un rapport améliorant le fonctionnement des institutions de la 5ème République, et non le fonctionnement de notre démocratie de façon plus générale.

Pour dépasser cette crise de la représentation, peut-être serait-il temps que les dirigeants tendent l’oreille aux demandes de consultation des citoyens. Ces derniers demandent de plus en plus à participer au processus de réflexion sur l’élaboration des politiques publiques, par l’intermédiaire des blogs, des cercles de réflexion, des groupes d’intérêts…On assiste au passage de la démocratie ponctuelle (consultation tous les 5 ans) à des formes de démocratie permanente. En effet, beaucoup de ceux qui manifestent leur scepticisme à l’égard du Parlement participent à une vie associative où le principe délibératif est roi et où les procédures sont celles-là mêmes qui ont cours dans la vie parlementaire. Le général de Gaulle avait bien saisi cette demande sans cesse accrue de participation, qui face à la révolte étudiante, avait fait dans son discours du 30 mai 1968 du mot d’ordre de participation la clé ouvrant la démocratie à venir.

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21/12/2007

Fêtes de fin d'année et voeux pour 2008

Toute l'équipe de MoDem vous remercie de l'accueil chaleureux que vous nous témoignez lors de nos rencontres.

Le soutien que vous nous apportez chaque jour, est la preuve que nos ambitions sont également les vôtres.

 Ensemble, un engagement responsable.

 

Bonnes fêtes de fin d'année et meilleurs voeux à tous !

 

04/12/2007

INVESTITURE

Il fallait quand même le relater, suite à notre vote à plus de 60% pour l'adhésion à une large liste d'ouverture, la commission d'investiture du MoDem nous a confirmé dans nos prérogatives.

Je tiens ici à remercier la Fédération MoDem de seine et marne, et tout particulièrement Mr Maillard.

Pour un Engagement Responsable Ensemble

 Hervé Pottier

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