10/07/2008

La grande distribution passe à l'offensive

corporate2.jpgLOI LME suite et plan de bataille.....

 

Plus de 300 nouveaux magasins vont ouvrir cette année.

Place Hoche, en plein centre de Rennes, une supé­rette U Express a remplacé l'an­cien Marché Plus : à peine 650 m², mais 9 000 références. C'est la cinquième épicerie que le groupement coopératif Système U ouvre sous cette nouvelle enseigne. Serge Papin, président de Système U, prévoit d'en ouvrir encore une vingtaine d'ici à la fin de l'année et 300 dans les cinq ans. Il a deux bonnes raisons d'y croire. La première : l'envolée du prix de l'essence. Elle incite les consommateurs à limiter leurs déplacements en voiture pour faire leurs courses dans les hypermarchés de périphérie. Deuxième raison : la loi de modernisation de l'économie (LME) réforme l'urbanisme commercial. Désormais, l'ouverture de magasins de moins de 1 000 m² est facilitée. Pour le commerce, c'est une vraie révolution. De fait, la loi favorise les magasins de hard discount.

Le gouvernement souhaitait supprimer toute demande d'autorisation. Mais face à l'inquiétude d'un certain nombre d'élus, un accord a été trouvé début juin avec la majorité UMP pour que les maires aient la possibilité d'avoir leur mot à dire dans l'installation des grandes surfaces de leur ville. Dans la nuit de mardi à mercredi, les sénateurs ont voté un amendement permettant, dans les communes de moins de 15 000 habitants, que ceux-ci puissent saisir la commission départementale d'aménagement commercial sur les projets de plus de 300 m².

Le gouvernement l'a martelé ces derniers mois : pour améliorer le pouvoir d'achat des Français, il veut raviver la concurrence dans la grande distribution en favorisant l'ouverture de nouveaux magasins. Tous les grands acteurs du secteur sont donc sur le qui-vive. « Quatre centrales d'achat se partagent 66 % de la grande distribution, soulignait récemment Luc Chatel, le secrétaire d'État à la Consommation lors d'une visite chez Carrefour. Nous voulons permettre à de nouveaux joueurs d'entrer. Mais je ne privilégie pas telle enseigne par rapport à telle autre. »

Lidl compte déjà plus que doubler le nombre d'ouvertures. Intermarché se prépare depuis un an. Le groupement des Mousquetaires envisage désormais d'ouvrir chaque année une centaine de magasins Netto, son enseigne discount. « Un Netto de base, jusqu'alors, c'était 650 m². Depuis douze mois, nous travaillons sur un concept élargi à au moins 800 m², explique Éric Mozas, président d'Intermarché Alimentaire. Nous avons déjà identifié 650 emplacements potentiels où nous implanter.  »

Auchan voit rouge

Interrogé, Aldi, qui exploite déjà 800 points de vente en France, ne dévoile pas ses plans. L'an dernier, l'enseigne a présenté 50 demandes d'ouvertures devant des commissions départementales d'équipement commercial (CDEC), selon l'observatoire Urbanicom. Jean-Charles Naouri, président de Casino, a clairement affiché sa volonté de doubler le nombre de Leader Price dans les cinq ans. Bernardo Sanchez Incera, directeur général exécutif de Monoprix, maintient son rythme habituel d'ouvertures d'une vingtaine de Monop' par an, et entre cinq et dix Monoprix. « La nouvelle loi ne nous donne pas des envies de discount ! » lâche-t-il. Elle ne changera rien pour les Monoprix qui font en moyenne 2 000 m². En revanche, elle permettra peut-être d'accélérer l'ouverture des Monop' car l'enseigne aura davantage le choix des emplacements. « Nous n'en ouvrirons pas plus, mais peut-être seront-ils plus grands, poursuit Bernardo Sanchez Incera. Jusqu'alors, nous étions concentrés sur les surfaces de 300 m² pour ne pas avoir à subir les délais d'instruction d'une CDEC. Désormais, nous allons regarder les surfaces jusqu'à 1 000 m². »

Auchan, en revanche, voit rouge. « La volonté du gouvernement de faire rentrer massivement le hard discount en France nous préoccupe, affirme Michel Carles, directeur du développement d'Auchan France. Nous privilégions les formats d'au moins 2 500 m² et un nouveau concept ne se crée pas en un jour ! Nous avons choisi d'intégrer le discount dans nos hypermarchés. » Pour lui, ce seuil de 1 000 m² crée une distorsion de concurrence.

L'an dernier, 41 % des projets examinés en CDEC étaient compris entre 300 m² et 1 000 m², selon Urbanicom. Soit plus de 1 900 projets représentant plus d'un million de mètres carrés. Ils ouvriront sans autorisation avec la nouvelle loi.

L'équipement de la maison bien placé

Le consommateur y trouvera-t-il son compte ? Pas sûr. L'an dernier, les CDEC ont autorisé la création d'une trentaine d'hypermarchés et d'environ 240 supermarchés et magasins discount, selon la Direction du commerce, de l'artisanat, des services et des professions libérales qui dépend du ministère de l'Économie. Ils doivent ouvrir dans les deux ans. «  La loi Raffarin de 1996 n'a absolument pas ralenti l'expansion de la grande distribution en France alors qu'elle prétendait le faire, constate Éric Mozas. 80 % de nos demandes d'ouvertures sont acceptées.  »

Selon lui, la nouvelle loi va faciliter l'ouverture de magasins de moins de 1 000 m² en périphérie surtout, car les emplacements y sont moins chers qu'en centre-ville. « Ce développement se fera au détriment des surfaces plus grandes, poursuit-il. Du coup, de façon paradoxale, la loi est plutôt un frein au développement des grandes surfaces, et donc de la concurrence. » Pour Michel Carles, chez Auchan, dans la plupart des cas, c'est le distributeur qui offrira le prix le plus élevé qui l'emportera.

Finalement, les vrais ga­gnants pourraient être les enseignes d'équipement de la maison et de la personne (bricolage, décoration, électroménager, vête­­ments, chaussures). Selon Urbanicom, elles ont représenté l'an dernier 46,4 % des projets de 300 m² à 1 000 m² soumis aux CDEC et 80 % d'entre eux en moyenne ont été autorisés. Pour le commerce alimentaire (29,3 % des projets), 66,7 % seulement ont été acceptés.

leFigaro.fr

Cependant, le Senat, après avoir amendé en faveur de delais de paiement supérieurs à 60jrs fin mois ( sic!) pour les entreprise de plus de 300 milions d'euros de CA ( re-sic!), semble douter sur la facilitation d'ouverture des magasins de moins de 1 000m².

Que dire sur la baisse des prix:

Retenez ceci de la part de Mr Mulliez, 1ere fortune professionnelle de france : Quand le ministre de l'economie de 2004 (Sarkozy) lui demandait de baisser ces prix de 1.5%, il répondait " vous n'y etes pas du tout, 1.5% c'est notre bénéfice"

Pour rappel, soit environ 450 millions d'euros ! J'aimerais maintenant connaitre la réalité, avec les nouvelles norme comptable......marge brute quand tu nous tiens. Parler d'un benéfice, est vraiment extraordinaire. Rendez vous compte, avec les marges arrières, en moyenne +20%, jamais retransmise dans les prix, la grande distribution ne gagne pas d'argent un comble ! Eh dire qu'aujourd'hui, cette même grande distribution reclame de pouvoir mettre dans les prix cette marge arrière, cad de vouloir baisser ses prix !

Lobby...

01/04/2008

Le monopole est la règle dans la grande distribution

1048000780.jpgUne étude démontre que les situations de monopole dominent en France, qu’il s’agisse de la grande distribution alimentaire, de l’ameublement ou des articles de sport. De quoi alimenter le débat sur la hausse des prix.

C’est une étude qui va instruire le procès de la grande distribution, accusée de contribuer à la hausse des prix. Elle émane du Cabinet Asterop. Ses enseignements ne sont certes pas une surprise : le paysage de la grande distribution en France est très concentré, avec quelques enseignes en situation hégémonique sur la presque totalité du territoire. Que ce soit dans l’alimentaire, l’ameublement, les articles de sport ou de bricolage, la concurrence entre distributeurs fait défaut.

Mais cette étude d’Asterop apporte un lux de détails. Basée sur 50.000 magasins et 629 marchés locaux couvrant le territoire national, elle sera d’ailleurs présentée mercredi à la commission sénatoriale que préside Gérard Larcher, chargée d’examiner le projet de loi de modernisation de l’économie.

Défendu par le secrétaire d’Etat à la consommation, Luc Chatel, ce projet de loi entend revenir sur les lois Royer et Raffarin qui réglementent l’implantation des grandes surfaces en France. Aller vers plus de souplesse en la matière, c’était notamment une des recommandations faites par la commission Attali.

L’étude d’Asterop dénonce une « absence de situations concurrentielles plurielles dans la plupart des secteurs de la distribution » et « des inégalités criantes » dans l’accès des consommateurs à l’offre des enseignes. Pour le même potentiel de consommation, certaines zones de vie (marché local) disposent de 15 fois moins de zones commerciales que d’autres. C’est vrai tout particulièrement pour l’ameublement.

Dans les secteurs de l’alimentaire, du sport et du meuble, dans 65 à 90% des zones de vie, un acteur est en position de leadership. C’est à dire, selon Asterop, qu’il détient plus de 25% de parts de marché. Et un écart de 15 points avec le deuxième. Inversement, seuls 10 à 35% des zones de vie connaissent une situation de concurrence plurielle : au moins trois enseignes se les partagent.

Selon Asterop, seul le secteur de l’électroménager se caractérise par une concurrence satisfaisante, pour 70% des zones de vie étudiées.

De plus, certains groupes d’enseignes sont en leadership précisément dans les zones de vie au plus fort potentiel de consommation. Ainsi, Decathlon domine 116 zones de vie, lesquelles représentent 71% de la consommation nationale. Le groupe Carrefour règne sur un nombre identique de zones de vie, lesquelles représentent 41% de la consommation nationale. Avec un monopole sur 56 zones de vie, Ikea règne sur un espace qui pèse 43% de la consommation de meuble en France.

« Le problème n’est pas tant les niveaux de parts de marché atteintes par ces acteurs en position de leadership plutôt que leur comportement éventuel dans l’exercice de telles positions, en terme de niveau de prix », relativise Christophe Girardier, président d’Asterop. En somme, l’occasion ne fait pas nécessairement le larron.

lexpansion.com

27/02/2008

La concurrence dans la grande distribution cache

UFC-Que choisir s'apprête à publier une étude sur la corrélation entre des prix et les structures de la concurrence dans plusieurs zones.

Les réactions se sont encore succédées hier. Chacun a voulu apporter sa solution face à la hausse des prix des produits alimentaires. Bruxelles a rappelé avoir levé des freins à la production (jachère, quotas…) pour détendre les cours des matières premières, à l'origine de la flambée des prix. Le député UMP Frédéric Lefebvre suggère un double étiquetage «prix-évolution des prix en pourcentage» afin de mieux informer le consommateur. Le Parti socialiste propose d'abaisser la TVA sur les produits de consommation courante. Une solution aussitôt rejetée par le premier ministre. «Ce n'est pas raisonnable compte tenu de la situation de nos finances publiques», a-t-il déclaré. Pour Matignon, c'est plutôt la concurrence qui fera baisser les prix.

Un pavé dans la mare

La polémique pourrait bientôt repartir de plus belle. L'association de consommateur UFC-Que choisir s'apprête à jeter un pavé dans la mare. Début avril, elle doit rendre publique une étude sur la corrélation entre les prix de 250 produits et les structures de concurrence dans 625 zones de chalandise. «Il y a un certain nombre de situations de monopole, avance Julien Dourgnon, directeur des études d'UFC-Que choisir. Par exemple, Antibes accueille deux zones commerciales, l'une au nord et l'autre au sud de la ville. Au nord, Carrefour a géré son monopole en implantant un hypermarché et deux discounter ED appartenant à la même centrale d'achat. Au sud de la ville, la situation est similaire, mais avec l'enseigne Casino.» Ce type de situation n'est pas isolé en France. UFC-Que choisir suggère que le Conseil de la concurrence se saisisse de la question et surtout «n'hésite pas à exiger des échanges de surfaces». Autrement dit, qu'un ED soit implanté en zone Casino et que, inversement, un Leader Price s'installe à proximité d'un Carrefour. «Le Conseil de la concurrence a les pouvoirs d'actionner ce genre de décision», rappelle Julien Dourgnon.

Revoir la loi

En octobre, le Conseil de la concurrence avait rendu un avis dans lequel il préconisait de remettre à plat les lois Royer et Raffarin afin de favoriser la concurrence entre les grandes enseignes. Il soulignait que les quatre premiers groupes de distribution contrôlent 66% du marché et que deux centrales d'achat approvisionnent 52,1% de la surface totale de vente des hypermarchés. Cette situation, selon le Conseil, a favorisé des hausses de prix défavorables au consommateur.

UFC-Que choisir n'est pas seule à souligner l'existence de monopoles locaux. La société de conseil et de géomarketing Asterop a analysé la situation pour conclure que les parts de marché à l'échelle locale ne reflètent pas les positions nationales. Dans une étude, Asterop a découpé la France en 630 marchés locaux. Après analyse, il ressort que sur 60% de ces marchés locaux une enseigne est en position de leader dépassant de très loin le numéro deux. Dans 25% des cas, deux acteurs se partagent l'essentiel du marché. Seuls 15% des zones sont dans une situation concurrentielle plus équilibrée.

Carrefour est ainsi en position de leadership sur 119 marchés locaux, avec une part de marché de minimum 25% qui, parfois, peut dépasser 50%. Leclerc est en tête dans 101 marchés. Les zones où Carrefour, avec toutes ses enseignes (qui possède 27% de parts de marché au niveau national), a une position de leadership représentent plus de 40% de la consommation française au niveau national, contre 10,8% pour Leclerc. Tous les autres sont à moins de 5%.

lefigaro.fr

04/09/2007

PRESSION : Le président des magasins Leclerc dénonce les hausses tarifaires des fournisseurs

Michel-Edouard Leclerc, président des magasins Leclerc, dénonce "une tempête de hausse tarifaire" allant de 4 à 12% imposée par les fournisseurs de la grande distribution.

Dans une interview au quotidien Metro, Michel-Edouard Leclerc, président des centre de distributions Leclerc, dénonce "une tempête de hausse tarifaire" allant de 4 à 12% imposée par les fournisseurs de la grande distribution, estimant ces hausses "pas entièrement justifiées".

"Nous assistons aujourd'hui à une tempête de hausse tarifaire de la part de nos fournisseurs, qui se situe entre 4 et 12%. Nous ne pouvons pas accepter des hausses d'une telle ampleur, car elles ne sont pas entièrement justifiées", explique le patron du leader de la grande distribution en France.

"Depuis deux ans, les prix des fournisseurs ont augmenté, en moyenne, de 6%. Pour autant, sur la même période, les 8 000 articles de grande marque ont baissé de 5,6%", argue-t-il. Le responsable estime que les risques inflationnistes sont aujourd'hui limités en France, mais plaide néanmoins pour une réforme plus poussée de la loi Galland. Cette loi définit de manière très rigide le seuil de revente à perte, en-dessous duquel les distributeurs n'ont pas le droit de vendre.

"Avec la nouvelle vague de hausse tarifaire qui se profile pour l'année 2008, nous avons besoin que Nicolas Sarkozy parachève la réforme de la loi Galland, qui nous permettra de négocier les tarifs avec nos fournisseurs", dit-il.

Face aux craintes de hausse des prix des produits alimentaires liées à la flambée des matières premières agricoles, le gouvernement a récemment multiplié les annonces, notamment à l'encontre de la grande distribution. Lors de l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines) jeudi, le président Nicolas Sarkozy a dit souhaiter un assouplissement de la loi Galland portant sur le seuil de revente à perte, ce qui permettrait de faire baisser les prix.

latribune.fr

PS: il oublie les marge arrière, les taux incroyables de rentabilité......en sus du principe que seul lui à le droit de gagner sa vie en faisant croire aux autres qu'il perd de l'argent....