12/09/2009
L’armée indienne oublie Gandhi et rêve de puissance
Après avoir lancé un appel d’offres de 12 milliards de dollars auprès des six principaux fabricants mondiaux d’aéronautique pour acheter cent vingt-six avions de combat, l’Inde a commencé, le 17 août 2009, à procéder à des essais comparatifs. Le 26 juillet, elle avait inauguré son premier sous-marin nucléaire. Déjà fort de son expansion économique, New Delhi use de l’option militaire pour s’affirmer comme pôle de pouvoir à l’échelle internationale.
Ce que l’importance numérique de sa population et son statut semi-officiel de nation nucléaire depuis 1998 n’avaient pas suffi à lui garantir, son expansion économique le lui a finalement offert : l’Inde a pris rang de puissance mondiale. Il est vrai que le contexte international, avec le fracassant naufrage du modèle unilatéral américain, n’a pas peu contribué à la faire apparaître pour ce qu’elle est naturellement : un des six ou sept pôles de pouvoir et d’influence, avec les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Europe, le Japon et — peut-être — le Brésil.
Géant mondial en pleine ascension, l’Inde entend installer cet état de fait dans les consciences. En finir avec sa sempiternelle image de simple acteur régional attaché à une « diplomatie morale » héritée des années Nehru (aujourd’hui jugées avec une extrême sévérité), de manière à accéder pleinement à la « fête perpétuelle des grandes puissances », selon l’expression imagée — et légèrement ironique — de l’écrivain Sunil Khilnani . Le temps est loin où, en 2001, le ministre américain de la défense Donald Rumsfeld, le logiciel interprétatif bloqué sur la guerre froide et agacé par les forts liens nucléaires entre Moscou et New Delhi, s’oubliait jusqu’à déclarer que l’Inde était « une menace pour d’autres peuples, y compris les Etats-Unis, l’Europe de l’Ouest et des pays d’Asie occidentale ». Aucun officiel américain ne se risquerait désormais à ce type de faute de goût.
Courtisés par tous les grands — sauf la Chine —, les Indiens disposent du luxe relatif de choisir leurs alliés. Avec en ligne de mire l’objectif de devenir membre permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), ils attendent impatiemment de juger des intentions de l’administration de M. Barack Obama, perçue a priori comme moins pro-indienne que la précédente, notamment sur la dispute récurrente qui oppose New Delhi au Pakistan à propos du Cachemire. (...)
suite sur le monde diplomatique
Modem Ozoir la Ferrière
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28/08/2007
INDE : Attentats : Hyderabad sous le choc
A Hyderabad, le 26 août
AFP
Un fils fêtant son entrée en fac de médecine, un grand-père s'arrêtant pour manger un morceau après sa promenade, deux adolescentes qui avaient réussi à traîner leur mère pour manger des snacks. La liste des victimes montre bien à quel point les attentats à la bombe commis le 25 août au soir dans un fast-food et un parc d'attractions ont fait voler en éclats de pittoresques scènes de famille, au moment même où la classe moyenne d'Hyderabad [la capitale de l'Etat d'Andhra Pradesh, dans le sud du pays] était sortie se détendre. Dimanche, beaucoup avaient peur de sortir de chez eux. Depuis le 25 au soir, la police a effectivement retrouvé 19 autres engins explosifs à des arrêts de bus, dans des cinémas, à des carrefours routiers, sur des ponts piétonniers et près d'une fontaine publique : autant d'endroits très fréquentés tous les jours.
Les bombes étaient placées dans des sacs en plastique pour la plupart noirs : le sac noir est donc devenu le nouvel emblème de la terreur. "Nous sommes confrontés à un nouveau terrorisme, avec ces bombes munies de minuteurs, placées dans des sacs plastique et disséminées dans toute la ville", estime Ganshyam Singh Radhwa, marchand de tissus, dont le frère fait partie des 32 morts du restaurant Gokul Chat Bhandar. "Ma famille a peur de me laisser sortir", raconte Vivek Hirooni, un de ces professionnels des nouvelles technologies qui viennent en masse passer leur week-end dans la ville. "J'aurais mieux fait de rester tranquille à Bangalore et de passer la soirée dans un pub." Mais samedi encore, avant les explosions, tout était bien différent.
La plupart des victimes ont été tuées par les billes de métal introduites dans les bombes, estiment les experts médico-légaux et les médecins : les billes ont volé "comme des balles" après chaque déflagration. Dimanche dernier, la panique avait quasiment vidé les centres commerciaux des quartiers chics. Les projections matinales se sont déroulées devant de rares spectateurs dans les quelque 200 cinémas, où les séances nocturnes ont par ailleurs été interdites. Mais les lieux les plus touchés sont les parcs d'attractions. Plus de 3 200 mariages (et de très nombreuses pendaisons de crémaillère et inaugurations de sociétés) étaient organisés le 25 août, qui correspondait apparemment à l'anniversaire de mariage de Balaji [l'un des avatars du dieu hindou Vishnou]. A présent, la police demande à tous les organisateurs de noces de fouiller leurs invités. Les forces de l'ordre planchent également sur des mesures de sécurité spéciales pour les pôles de nouvelles technologies, avec vigiles en armes et postes de contrôle. "C'est incontestable : nos employés ne sont plus en sécurité dans la rue ou dans les restaurants autour de nos complexes", estime un haut responsable local de Microsoft.
courrierinternational.com
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