15/04/2008

Poussée spectaculaire de l'inflation en mars

La hausse des prix à la consommation en France s'est accélérée en mars, à 3,2% en rythme annuel, après +2,8% en février. Sur un mois, la hausse a été de 0,8%, un plus haut depuis janvier 1987. Le Smic va être revalorisé automatiquement de 2,3% au 1er mai.        

La hausse des prix en France se poursuit sans faillir. Selon les dernières données de l'Insee, l'inflation a franchi la barre de 3% en mars, à 3,2% sur un an, après +2,8% en février. L'analyse sur un mois fait ressortir un taux de 0,8%, une progression qui n'avait plus été atteinte depuis janvier 1987. 639721382.jpg

Toutes les composantes augmentent. L'habillement et les chaussures (+6,7% sur un mois), d'abord, du fait de la fin des soldes d'hiver. Les produits pétroliers, ensuite, (+4,3%), en raison de la forte appréciation du pétrole ces derniers mois qui a été répercutée à la pompe. Les prix des produits frais continuent de progresser (+1,3%), tout comme ceux des produits manufacturiers (+1,2%) et des services (+0,2%).

Ce niveau élevé va entraîner une augmentation automatique du Smic au 1er mai, en plus de celle traditionnelle du 1er juillet. Ce qui risque de mettre sous pression les entreprises, déjà confrontées à des négociations salariales. En effet, le Code du travail impose un relèvement immédiat du salaire minimum, dès lors que les prix, hors tabac, augmentent d'au moins 2% par rapport à l'indice de mai, pris comme référence dans le calcul de la hausse du salaire minimum. C'est clairement le cas aujourd'hui. Une source gouvernementale interrogée par l'AFP évalue à 2,3% la revalorisation anticipée au 1er mai. Plus de deux millions de salariés sont concernés, payés actuellement 8,44 euros brut de l'heure, soit 1.279 euros mensuels sur la base d'un temps plein.

Cette poussée de l'inflation devrait aussi conduire à une revalorisation des retraites. Au 1er janvier, elle n'a été que de 1,1%. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a en effet promis une nouvelle hausse en cours d'année afin de compenser la montée de l'inflation.

D'ici là, la consommation pourrait faire les frais de la hausse des prix. Si elle n'a pas eu pour l'heure d'impact sensible sur la consommation des ménages, la persistance d'une inflation élevée dans les mois qui viennent pourrait bien gripper le principal moteur de la croissance française, jugent les économistes. L'interrogation concerne désormais la durée de la hausse. L'Insee avait averti d'un probable pic au-dessus de 3% entre mars et juin mais s'attend à une décrue au deuxième semestre, notamment en raison d'effets de base favorables. Mais la part croissante de l'inflation importée - notamment des pays émergents - dans la hausse des prix augmente l'incertitude sur l'évolution de l'indice, comme l'affirmait en mars le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer.

Lesechos.fr

13/08/2007

L'inflation en Chine à son plus haut niveau en une décennie

L'inflation est monnaie courante en Chine, mais le mois dernier, avec une hausse de 5,6%, elle a atteint, son plus haut niveau en 10 ans (février 1997). La hausse des prix de juillet est surtout due à celle des prix de l'alimentaire, qui représente environ le tiers du budget des ménages chinois et qui a grimpé de 15,6%.

L'inflation est, depuis quelques mois, un des soucis permanents des autorités chinoises . Selon les chiffres publiés ce lundi par le Bureau national des statistiques (BNS), à +5,6% en juillet (+4,4% en juin), l'indice des prix à la consommation, principale jauge de l'inflation, dépasse largement l'objectif annuel de 3% souhaité par le gouvernement. Sur les sept premiers mois de l'année, sa progression reste cependant contenue à 3,5%, a précisé le BNS.

La hausse des prix de juillet est encore une fois due à celle des prix de l'alimentaire qui a grimpé de 15,6%, avec notamment un bond de 45,2% des prix de la viande. Cette reprise de l'inflation, sensible depuis la fin de l'année dernière, a déjà motivé plusieurs hausses des taux d'intérêt et alimente les attentes des économistes pour une nouvelle mesure similaire.

"La Banque centrale est sûrement sous pression pour accroître les taux d'intérêt, d'autant que le taux réel (la différence entre taux d'intérêt et inflation) est toujours en territoire négatif", a commenté Cheng Manjiang, analyste de Bank of China International.

Le taux de rémunération des dépôts à un an est aujourd'hui de 3,33%, et ne compense donc pas l'inflation pour les épargnants qui gardent leur argent en banque. Nombreux sont d'ailleurs les particuliers qui se sont laissés attirer depuis l'an dernier par la Bourse et ses perspectives de placement plus risqués mais aussi plus rémunérateurs, alors que l'indice composite de la place de Shanghai a gagné plus de 75% cette année, après 130% déjà en 2006.

Latribune.fr