20/08/2007
Le "cadeau fiscal" rétroactif sur les emprunts censuré
Lors de la campagne électorale pour la présidentielle, Nicolas Sarkozy avait annoncé une déduction fiscale "sur les intérêts d'emprunts déjà contractés et sur ceux des nouveaux emprunts". Après son élection, son ministre du budget avait annoncé que la mesure s'appliquerait uniquement pour les prêts souscrits après le 6 mai – date de l'élection présidentielle –, déclenchant une polémique.
L'opposition dénonçait aussitôt les "mensonges" de l'ancien candidat Sarkozy. Le président avait alors désavoué son ministre et les parlementaires ont voté une loi qui instaurait des crédits d'impôts pour les emprunts futurs et mais aussi ceux contractés au cours des cinq dernières années.
La mesure aurait dû concerner, selon le rapport du sénateur (UMP, Oise) Philippe Marini, 3,5 millions de ménages sur les 5,3 millions ayant un emprunt en cours.
Le Conseil constitutionnel présidé par Jean-Louis Debré met tout le monde d'accord, en supprimant la rétroactivité des crédits d'impôts. Pour les juges constitutionnels, le crédit d'impôt se justifie car il favorise l'accès à la propriété. Mais cet argument d'intérêt général ne peut s'appliquer à ceux qui sont déjà propriétaires, car cela constitue "une rupture de l'égalité entre les contribuables".
Dans ses Cahiers de jurisprudence, le Conseil explique que "la loi avantageait certains contribuables, ceux ayant contracté des prêts depuis 2002, sans que ce traitement défavorable aux autres contribuables soit justifié au regard de l'objectif de redistribuer du pouvoir d'achat qui concerne tous les Français."
Il souligne aussi que le coût de 7,7 milliards d'euros de la mesure ferait "supporter à l'Etat des charges manifestement hors de proportion avec l'effet incitatif attendu". Les mesures de crédit d'impôt seront applicables aux nouveaux emprunteurs, à partir de la publication de la loi au Journal officiel. Elle devrait intervenir dans les prochains jours.
Pendant cinq ans, les propriétaires qui souscrivent un crédit immobilier pour l'achat ou la construction de leur résidence principale auront droit à un crédit d'impôt de 20 % des intérêts d'emprunt dans la limite de 750 euros par an pour un célibataire, le double pour un couple. Ce plafond est majoré de 100 euros par personne à charge. Les ménages ayant acheté un bien après le 1er septembre 2007 pourront déduire les montants ci-dessus de leurs impôts en 2008.
UN NOUVEAU DISPOSITIF DANS LES PROCHAINS JOURS
Un tel dispositif permettra-t-il de redynamiser le marché immobilier, actuellement en phase d'atterrissage ? Beaucoup en doutent. Pour un prêt de 200 000 euros consenti sur vingt ans à un taux de 4,50 %, le crédit d'impôt pour un couple représente une bonification de seulement 0,4 %.
"La déduction des intérêts d'emprunt créera un effet d'aubaine, qui aura surtout des conséquences sur la consommation, estime Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. L'impact sur le marché immobilier sera faible, même si la mesure permettra d'absorber une partie de la hausse des taux."
Le premier ministre, François Fillon, a pris acte de la décision du Conseil constitutionnel, dans un communiqué publié jeudi :"Le gouvernement proposera dans les prochains jours un nouveau dispositif permettant aux Français ayant déjà souscrit un emprunt de pouvoir bénéficier, eux aussi, de mesures gouvernementales en faveur de l'accès à la propriété."
Sur RTL, vendredi matin, la ministre de l'économie, Christine Lagarde, a précisé ce projet : "Nous travaillons sur un dispositif qui permette aux ménages qui se sont lancés dans un projet d'acquisition d'une résidence principale depuis les élections de bénéficier de cette mesure". Les promesses de ventes signées après le 6 mai, date de l'élection de M. Sarkozy devrait être concernées.
Le premier ministre s'est félicité de la validation du reste du "paquet fiscal" par le Conseil constitutionnel, qui a rejeté l'ensemble du recours formé par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale, qui n'avait pas mis en avant la question de la rétroactivité du crédit d'impôt. Le Conseil a jugé constitutionnel le principe d'exonération d'impôts et de charges pour les heures supplémentaires. Il a aussi validé l'abaissement de 60 % à 50 % du "bouclier fiscal" et les mesures de réductions de l'ISF en cas d'investissement dans les PME.
Le Conseil constitutionnel a aussi validé, jeudi, la loi sur le service minimum dans les transports. Le 9 août, il avait validé une autre loi chère à Nicolas Sarkozy, celle sur la récidive.
Lemonde.fr
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20/07/2007
Christine Lagarde souhaite des "facilités" pour le travail dominical
La ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, Christine Lagarde, a déclaré ce vendredi sur RMC qu'elle "serait très étonnée qu'on arrive à un travail tous les dimanches". Elle imagine plutôt "un système de facilités" pour l'ouverture des commerces.
Sur l'épineux dossier du travail du dimanche, la ministre de l'Economie semble adopter la méthode douce, en privilégiant des "facilités" plutôt qu'une généralisation de l'ouverture dominicale des magains. "Je ne veux pas préjuger", a commenté Christine Lagarde ce vendredi, sur RMC, en indiquant qu'elle allait "en premier lieu consulter, écouter toute les parties prenantes" avec Luc Chatel, secrétaire d'Etat au Tourisme et à la Consommation.
"Je serais très étonnée qu'on arrive à un travail tous les dimanches, je ne pense pas que ce soit jamais un jour comme les autres", a-t-elle poursuivi, en évoquant "un système de facilités" dans le commerce à raison notamment d'un dimanche ouvert sur deux, ou un dimanche par mois, etc, selon les endroits. "Il y a la nécessité de préserver un équilibre dans le commerce car on ne peut pas privilégier les grandes surfaces de périphérie sur les petits commerces", a-t-elle dit, car ces derniers ont une "fonction d'animation" des centres villes.
"Il n'y a rien d'impossible, des solutions sont possibles à condition de bien comprendre les intérêts de chacun", a-t-elle ajouté, en évoquant notamment l'intérêt des salariés en matière de temps de travail et l'intérêt des centres ville qui doivent pouvoir "continuer à vivre". Selon elle, en allongeant la période pendant laquelle les gens consomment, cela augmente la consommation. Ainsi, "en ce moment, je ne peux pas aller dans les magasins car je suis toujours en train de travailler".
Concernant la rémunération du travail dominical, "si le salarié travaille plus que le travail légal", cela devrait entrer selon elle dans le champ de la législation sur les heures supplémentaires tout juste votée au parlement. Pour les salariés, "le texte devra préciser que c'est seulement sur la base du volontariat", a-t-elle encore ajouté, en précisant que de ce point de vue, "à son avis, le dimanche n'est pas un jour comme les autres" et le salarié doit pouvoir dire non à son employeur.
Interrogé sur le problème des salariés de la distribution obligés de travailler le dimanche car ils sont à temps partiel contraints et ne gagnent pas assez les autres jours de la semaine, Christine Lagarde n'a pas directement répondu: "le temps partiel, c'est une série d'autres problèmes. Si les entreprises proposent des temps partiels, c'est qu'elles ne sont pas en mesure de proposer des temps pleins".
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a chargé Christine Lagarde de travailler sur "l'autorisation du travail le dimanche pour les salariés volontaires", dans sa lettre de mission rendue publique le 20 juillet
latribune.fr
"base volontariat", de qui se moque t'on. Par contre, c'est peut être un atout "facilitateur" pour les petits commerces en jouant sur le nombre d'heure supplementaire legale. Attention toutefois, aux recations sur le sujet, il est fort complex.
HP
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