11/04/2008

Les prix alimentaires risquent de rester élevés, prévient l'Onu

NEW DELHI (Reuters) -

Malgré les mesures d'accroissement des stocks que les gouvernements s'apprêtent à lancer, la tendance mondiale à la hausse des prix alimentaires semble structurelle et risque d'être délicate à contrer, prévient le président du Fonds international pour le développement agricole.

Pétrole cher, hausse de la consommation de viande en Asie, réorientation de parcelles vers la production de biocarburants, climat déréglé et spéculations ont contribué à l'augmentation des prix alimentaires.

De violentes manifestations contre cette tendance apparaissent dans plusieurs pays pauvres: Haïti, Egypte, Burkina Faso, Mauritanie, entre autres.

"La majorité des experts estiment que les prix élevés sont là pour longtemps", pré1736625682.jpgvient le Suédois Lennart Bage, président de l'agence onusienne Fida, dans une interview accordée à Reuters.

"Nous assisterons à une réaction sur l'offre, qui devrait, je l'espère, faire quelque peu baisser les prix", dit-il. "Selon les experts sur le terrain, les prix devraient rester plus élevés qu'autrefois, et nous sommes probablement les témoins d'une évolution structurelle à la hausse", tempère-t-il toutefois.

HAUSSE DE 65% DEPUIS 2002

Selon les données de l'Onu, les prix alimentaires ont globalement augmenté de 35% entre fin janvier 2007 et fin janvier 2008, accélérant une tendance amorcée en 2002. Depuis cette date, les prix se sont envolés de 65%.

Pour la seule année 2007, les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) montrent une hausse de 80% pour les produits laitiers, de 42% pour les céréales.

Tous ces signaux, assure Lennart Bage, montrent avec force que la production doit augmenter. Il semble d'ailleurs déjà que davantage de semailles aient lieu dans le monde.

"Qu'il y ait une réaction sur l'offre ne fait aucun doute. Ce que nous ignorons encore, c'est dans quelle mesure cette réaction fera baisser les prix", poursuit-il.

Le rôle principal du Fida est la lutte contre la pauvreté dans les régions rurales. Selon son président, la communauté internationale doit présenter un front uni et prendre des mesures immédiates pour nourrir les populations menacées de famine. Une solution à long terme, qui passera par des investissements plus élevés dans l'agriculture, doit aussi être envisagée.

"L'intérêt des gouvernements pour les investissements agricoles a diminué dans de nombreux pays ces dix ou quinze dernières années. La part de l'aide internationale au développement consacrée à l'agriculture est passée de 20% au début des années 1980 à moins de 3% aujourd'hui."

A l'issue du sommet Inde-Afrique à New Delhi, les dirigeants des pays représentés ont fait voeu mercredi de lutter ensemble pour la sécurité alimentaire, et ont appelé les pays occidentaux à revoir leurs pratiques, notamment l'emploi de vastes stocks pour la production de biocarburants.

Cette dernière tendance a provoqué des pénuries et une flambée des prix dans plusieurs pays pauvres où, prévient la FAO, les émeutes liées au coût des aliments pourraient s'étendre à l'avenir.

03/08/2007

Débat à l'Onu autour d'un nouvel accord sur le climat pour 2012

NATIONS UNIES (Reuters) - La première session de l'assemblée générale de l'Onu consacrée exclusivement au changement climatique s'est achevée sur l'inquiétude des Etats membres sur les conséquences dramatiques de ce phénomène pour les générations actuelles et à venir; mais rares sont les pays qui ont modifié leurs positions établies sur la question.

Seul le représentant permanent de la Grande-Bretagne, Emyr Jones Parry, a salué avec une pointe d'optimisme une réunion dont les échanges ont prouvé, selon lui, que "le monde est désormais plus engagé sur ce dossier qu'il ne l'était auparavant".

"Revenez en arrière, jusqu'au mois de janvier", a-t-il lancé, faisant référence à la dernière réunion des Nations unies sur le même sujet. "Personne ne s'intéressait au changement climatique alors que cette semaine, tout le monde semblait concerné par les conséquences du changement climatique", a-t-il dit.

La réunion de trois jours à laquelle viennent de participer plus d'une centaine de pays était destinée à préparer le sommet du 24 septembre à New York sur le même thème, censé lancer un cycle de négociations devant déboucher sur un nouveau traité environnemental en décembre à Bali, en Indonésie.

Le protocole de Kyoto imaginé en 1997 pour contrer les conséquences négatives des gaz à effet de serre sur la couche d'ozone expire en 2012, et pour le moment, aucune nouvelle convention n'a été signée, ni même imaginée.

DEFORESTATION, INDUSTRIE, CROISSANCE

Jones Parry et l'émissaire japonais Koji Tsuruoka ont déclaré que les discussions autour d'un nouveau protocole seraient prolongées et que les pays en voie de développement devraient y être associés.

Les Etats-Unis et la Chine, deux pays non signataires de l'accord de Kyoto et qui totalisent plus de 40% du dioxyde de carbone rejeté dans l'air, devront également s'engager, ont estimé les deux diplomates.

Les participations du Brésil, de l'Indonésie et de la République démocratique du Congo sont également souhaitées, en raison des campagnes de déforestations massives menées dans ces pays qui, selon Jones Parry, "contribuent plus à la pollution mondiale que l'ensemble des modes de transport sur la planète".

L'administration Bush a toujours refusé de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis, arguant qu'une politique de quotas assombrirait les perspectives de croissance de l'industrie américaine. La Chine, forte d'une croissance à deux chiffres, a depuis repris les mêmes arguments.

Très critiqué sur la scène internationale, George Bush avait promis en mai d'organiser des réunions avec les principaux pollueurs de la planète afin de parvenir, à la fin 2008, à un consensus sur un objectif de réduction des émissions de CO2 d'ici 2050.

Un haut responsable américain a annoncé vendredi que la première réunion se tiendrait à Washington les 27 et 28 septembre prochains. Des représentants de l'Union européenne, des Nations unies et onze autres pays seront reçus par la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice.

Loin de ces considérations économiques, une trentaine de pays ont profité de la réunion des Nations unies pour rappeler qu'ils restaient sous la menace de la montée des océans en raison du réchauffement climatique et de la fonte de la banquise.

"Nous sommes au XXIe siècle et notre indépendance n'est pas menacée par une armée ennemie, mais par la hausse du niveau des océans", a fait remarquer l'ambassadeur des Iles Maldives, Mohamed Lathif.

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