19/03/2009

Pékin fait son marché autour du monde

Grâce à leurs abondantes liquidités, les entreprises chinoises multiplient les achats à l'étranger. Aucun secteur n'échappe à l'appétit des investisseurs venus d'Extrême-Orient.

 

Au mois de février, les entreprises chinoises se sont livrées à une débauche d'achats. Que ce soit en Iran, au Brésil, en Russie, au Venezuela, en Australie ou en France, elles ont fait main basse sur des dizaines de milliards de dollars d'actifs, qu'elles ont pu se procurer à prix réduits en raison de la crise financière. Ces opérations ont permis à la Chine de s'assurer des réserves de pétrole, de minerais, de métaux et d'autres ressources naturelles stratégiques dont elle a besoin pour continuer à alimenter sa croissance. L'ampleur même des contrats perturbe les marchés énergétiques et attise les craintes sur la disponibilité future de ces ressources et leur prix dans des pays comme les Etats-Unis.

 

Il y a encore quelques mois, de nombreux Etats accueillaient avec suspicion ces offres venant de Chine. Mais, à présent que les entreprises et les banques hésitent à fournir de l'argent à des entreprises en difficulté ou qu'elles n'en ont plus les moyens, la Chine, qui dispose d'abondantes liquidités, est devenue une nouvelle locomotive du prêt et de l'investissement. Le 12 février, liquidité.jpgle géant chinois de l'aluminium Chinalco a signé avec le groupe australien Rio Tinto un contrat de 19,5 milliards de dollars [14,4 milliards d'euros] qui doublera sa participation dans la deuxième entreprise minière du monde. Les 17 et 18 février, China National Petroleum, la principale entreprise gazière et pétrolière, a signé avec la Russie et le Venezuela deux accords distincts, en vertu desquels la Chine s'engage à fournir respectivement des prêts de 25 et 4 milliards de dollars en contrepartie de livraisons de pétrole à long terme. Enfin, la China Development Bank a signé, le 19 février, un contrat similaire avec Petrobras, la compagnie pétrolière brésilienne, à qui elle a consenti un prêt de 10 milliards de dollars en échange de pétrole.

 

Malgré le net ralentissement des flux financiers mondiaux, la Chine a considérablement accru ses investissements à l'étranger. En 2008, ses opérations de fusion-acquisition à l'international ont représenté 52,1 milliards de dollars. En janvier et février 2009, les entreprises chinoises ont déjà investi 16,3 milliards de dollars à l'étranger. A ce rythme, le chiffre de 2009 pourrait représenter le double de celui de l'année dernière. Les médias officiels chinois présentent cette frénésie d'achats comme un phénomène ne se produisant qu'une fois par siècle, et certains analystes dressent un parallèle avec le Japon des années 1980. "Que la Chine ait commencé à investir ou à acquérir des entreprises de ressources minières à l'étranger à des prix relativement bas pendant la crise économique mondiale est parfaitement normal. Le Japon en a fait autant pendant les années de sa bulle économique", remarque Xu Xiangchun, directeur de Mysteel.com, une société de recherche et d'études.

 

Les entreprises chinoises ne sont pas les seules à profiter de la crise économique pour venir en aide à d'autres tout en y trouvant leur compte. Le gouvernement chinois s'est lui aussi porté au secours de pays en difficulté, tels que la Jamaïque et le Pakistan, dont il veut se faire des alliés, en leur consentant des prêts bonifiés. Le ministère du Commerce a annoncé son intention d'organiser d'autres missions d'investissement à l'étranger dans le courant de l'année et il est probable que les itinéraires incluront les Etats-Unis, le Japon et l'Asie du Sud-Est.

 

Les prochaines cibles pourraient être des constructeurs automobiles étrangers. Le 23 février, Weichai Power, un fabricant de moteurs Diesel, a annoncé sa décision de racheter pour 3,8 millions de dollars les produits, la technologie et la marque de l'entreprise française Moteurs Baudoin, qui conçoit et fabrique des équipements de propulsion marine. Il s'agissait d'un contrat relativement modeste, mais Chen Bin, le directeur général du département industriel de la Commission nationale pour le développement et la réforme, a laissé entendre que des acquisitions plus importantes étaient en préparation. Dans les coulisses d'une conférence de presse sur l'économie donnée en février, il a rappelé que les constructeurs automobiles étrangers avaient des problèmes de trésorerie tandis que leurs homologues chinois avaient "besoin de leur technologie, de leurs marques, de leur talent et de leurs réseaux de vente. Mais les entreprises chinoises auront des difficultés à stabiliser les activités de constructeurs étrangers et maintenir leur croissance", a reconnu Chen Bin, avant d'ajouter que, si les sociétés chinoises étaient partantes, "le gouvernement les soutiendrait".

 

  

Ariana Eunjung Cha

The Washington Post

 

MoDem Ozoir la Ferriere

22/01/2009

Pékin redoute un printemps social agité

Confrontés à la montée du chômage, les dirigeants communistes multiplient les directives pour prévenir les «incidents de masse».

 

C'est de cette gare poussiéreuse et grouillante, par les neuf grandes voies ferrées qui partent en éventail vers toutes les provinces du pays, que se répand le mal qui pourrait menacer la stabilité de la Chine. Des centaines de milliers de travailleurs migrants se pressent aux guichets de Canton, frénésie compréhensible avant le Nouvel An chinois où 188 millions de voyageurs 9d6e5376-e7ea-11dd-af1a-11f1d62a60db.jpgvont se croiser en tous sens. Sauf que cette année ne ressemble à aucune autre. Les temps dorés, ceux de la croissance à deux chiffres, sont terminés. Pour la première fois depuis sept ans, les exportations sont en baisse et, dans le Sud manufacturier, les entreprises ferment par milliers. Pour beaucoup de voyageurs, le billet retour sera de trop.

 

Le printemps chinois pourrait être chaud. Les dizaines de millions de travailleurs migrants constituent une vraie bombe à retardement. Sur 200 millions de «mingongs», 20 millions seraient déjà sur le pavé. Sur la grande esplanade bétonnée où des bus déversent des cohortes d'ouvriers, un groupe bivouaque autour de balanciers de fortune dont les paniers sont remplis de jouets et d'objets électroniques. Quatre hommes, trois femmes et des enfants qui dorment sur des nattes. Tous de la même ville de Tongren, dans le Guizhou. Ils sont venus ensemble, et ils repartent ensemble. «J'ai travaillé pendant six ans dans une usine de matériaux de construction, raconte Tian Rugang, j'ai gagné assez d'argent pour ouvrir un petit commerce près de chez moi, de ma famille. Si ça ne marche pas, je reviendrai…»

 

 

Lendemains douloureux

 

Quand la baisse de la demande mondiale a commencé à faire toussoter les régions exportatrices du Sud de la Chine, en novembre, des émeutes ont bien éclaté ici ou là. Mais les incendies ont vite été éteints par les gouvernements locaux qui ont mis la main à la poche pour régler des salaires non payés par des patrons hongkongais ayant filé à l'anglaise. Et puis, il y avait cette perspective du Nouvel An, qui faisait «avaler» la perte d'emploi. Les lendemains de fête risquent d'être douloureux. Et c'est dans les provinces de l'Hinterland chinois, où cette main-d'œuvre se rapatrie, que les convulsions devraient être les plus violentes. L'heure de vérité va sonner après la mi-février, quand la période de vacances du Nouvel An chinois - qui tombe cette année le 26 janvier - sera terminée.

 

Les dirigeants communistes ne cachent plus leur inquiétude et multiplient les directives pour prévenir les «incidents de masse». Côté maintien de l'ordre, les autorités provinciales ont reçu pour consigne de se préparer et le dispositif de sécurité a déjà été renforcé dans les gares. En amont, une circulaire leur demande de s'attaquer à la « tâche urgente » des travailleurs migrants privés d'emploi. Il leur est recommandé de veiller à ce que les salaires ou indemnités leur aient été versés, de créer des emplois et de proposer des formations. Le gouvernement demande aussi aux banques de faciliter les crédits pour la création de petites entreprises et aux administrations de simplifier les procédures. Dans le même esprit, les entreprises d'État doivent suspendre tout licenciement.

 

 

Inquiétude générale

 

Un rapport de l'Académie chinoise des sciences sociales (CASS) révèle que le chômage urbain a crû aux alentours de 9,4 %, le double du chiffre officiel. D'autres sources estiment qu'il pourrait atteindre 12 %, voire 14 % en 2009. Ce mardi, le ministre des Ressources humaines Yin Chengji a concédé publiquement que plus d'un demi-million de citadins chinois avaient perdu leur emploi au cours du dernier trimestre 2008, «du fait de l'impact de la crise économique mondiale». Et les ouvriers ne sont pas les seuls touchés. Le même rapport de la CASS estime que le quart des 6,1 millions de futurs diplômés chinois pourraient avoir du mal à trouver un emploi l'année prochaine. Or, un million des diplômés de 2008 serait déjà le bec dans l'eau. Fait inhabituel, le premier ministre chinois s'est rendu à l'Université de Pékin juste avant Noël. «Étudiants, tranquillisez-vous, je vous prie, nous traitons en priorité le problème de l'emploi des diplômés», leur a solennellement déclaré Wen Jiabao.

 

Les étudiants avaient été à la pointe du mouvement démocratique du «printemps de Pékin». Pour le pouvoir chinois, le pire scénario serait que les troubles se multiplient, fassent tache d'huile et se politisent, en cette année d'anniversaires sensibles dont les vingt ans de Tiananmen.

 

Figaro.fr

 

Ensemble Ozoir la Ferriere

09/08/2007

Pékin s'inquiète de nouveau des risques de surchauffe pour l'économie chinoise

La troisième puissance économique mondiale montrerait des signes de surchauffe selon la Banque centrale de Chine. Pour contenir la hausse des prix un durcissement de la politique monétaire est envisagé.

La troisième puissance économique mondiale montrerait des signes de surchauffe selon la Banque centrale de Chine. Pour contenir la hausse des prix un durcissement de la politique monétaire est envisagé.

Dans son rapport trimestriel sur la politique monétaire publié aujourd'hui, la Banque populaire de Chine constate que l'inflation, l'excédent commercial et les investissements qui sont resté élevé au deuxième trimestre, constituent des "signes de surchauffe"pour l'économie chinoise.

Alors que le FMI prévoit une croissance du PIB chinois à 11,2% pour 2007, la Banque centrale chinoise parle d'une progression de près de 12% pour le second trimestre 2007. La croissance chinoise dynamique est surtout tirée par un gigantesque excédent commercial et de forts investissements. La hausse de l'inflation qui contribue à cette surchauffe annoncée pourrait donc entamer la compétitivité des exportations sur le marché mondial de l'Empire du Milieu et même affecter le pouvoir d'achat des ménages.

Pour contrôler l'inflation les autorités monétaires promettent donc de prendre les mesures macroéconomiques nécessaires. En effet l'indice des prix à la consommation qui ont augmenté de 3,2% entre janvier et juin, ont bondi de 4,4% en juin en particulier à cause de la forte inflation agricole qui risque également d'influer sur le chiffre de juillet qui sera publié lundi prochain.

Accusé notamment par les Etats Unis de sous-évaluer stratégiquement le yuan sa monnaie, la Chine devrait néanmoins progressivement "accroître la flexibilité du yuan pour lui permettre un meilleur ajustement de la balance des paiements tout en maintenant la stabilité de base du taux de change à un niveau raisonnable et équilibré", a également souligné la Banque centrale de Chine.

La Bourse chinoise en pleine expansion

D'après le rapport publié ce mercredi par la Banque populaire de Chine, les fonds commun de placement chinois ont plus que triplé leurs actifs nets sur les six premiers mois de l'année 2007. Le marché boursier chinois qui attire de nouveaux investisseurs sur son marché financier voit ses fonds commun de placement atteindre le taux record de 1,8 trillion de yuan soit 172 milliards d'euros. Avec 29 fonds communs de placements supplémentaires et 638 milliards de yuan (61 milliards d'euros) de plus vendus au premier semestre 2007, selon la Banque populaire de Chine, l'activité financière chinoise est en plein boum. Les marchés boursiers de Shanghai et Shenzhen ont atteints des records dans le volume de leurs transactions. En tout 23,7 milles milliards de yuan ont été échangé en dans la première moitié de l'année 2007, il s'agit d'une somme de 19,9 trillions de yuan (1,9 mille milliard d'euros) en plus par rapport à l'année précédente selon la Banque centrale. Toujours selon le rapport de la banque populaire, le volume journalier des transactions a explosé et atteint le chiffre de 202,7 milliards de yuan (19,3 milliards d'euros) au premier semestre 2007 : un record. Les entreprises chinoises vendent donc de plus en d'actions sur le marché national et y auraient même levés des fonds à un niveau record de 249,7 milliards du yuan (23 milliards d'euros) au premier semestre 2007, toujours selon le rapport.

latribune.fr