07/01/2009

Crise du gaz: la Russie a arrêté tout transit par l'Ukraine

La Russie a arrêté mercredi tout transit de son gaz destiné à l'Europe par le territoire ukrainien, a annoncé à l'AFP le porte-parole de la société ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz.

 

7H44 locales (05H44 GMT), "la Russie a arrêté tout le transit par l'Ukraine", a déclaré le porteh_2_ill_1019224_gazp.jpg-parole Valentin Zemlianski. "La Russie a laissé l'Europe sans gaz", a-t-il ajouté.

 

Les livraisons de gaz russe à la République Tchèque ont cessé depuis mardi soir, a rapporté mercredi l'agence de presse tchèque CTK, citant l'importateur RWE Transgas.

 

Presque toute l'Europe était touchée mardi par les coupures des livraisons de gaz russe transitant par l'Ukraine, les pays d'Europe centrale, plus dépendants, étant particulièrement affectés par ce nouveau conflit gazier en plein hiver entre Kiev et Moscou.

 

La Russie fournit au total 40% des volumes importés de gaz de l'UE, dont 80% transitent par l'Ukraine, mais la dépendance de chacun des pays de l'UE est très variable, de 100% pour la Slovaquie à 0% pour une dizaine d'Etats dont le Royaume-Uni ou l'Espagne.

 

Ce sont les pays d'Europe centrale qui sont en première ligne.

 

Dans l'UE, les livraisons ont été totalement interrompues mardi en Hongrie, dépendante à 65% du gaz russe, en Grèce (81%), en Bulgarie (90%). Quatre pays des Balkans destinés un jour à rejoindre le bloc européen ne reçoivent plus rien non plus: Croatie, Bosnie, Serbie et Macédoine.

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Les livraisons ont également fortement baissé en Pologne, Autriche, Slovaquie, Slovénie et Roumanie.

 

Les pays d'Europe occidentale, moins dépendants du gaz russe, sont aussi désormais touchés: en France, les livraisons ont baissé de plus de 70% mardi, et en Italie de 90%. Des baisses de pression ont été enregistrées en Allemagne.

 

Pour l'instant, la présidence tchèque de l'UE, qui a dénoncé une situation "complètement inacceptable" et réclamé le rétablissement des approvisionnements, estime que la situation n'est "pas encore critique", les pays touchés pouvant puiser dans des réserves pour l'instant élevées.

 

Mais "si elle dure plusieurs jours, nous aurons un sérieux problème", a estimé le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra, alors que l'UE a prévu vendredi une réunion de son groupe de coordination sur le gaz.

 

Plusieurs pays de l'Est ont d'ailleurs déjà réclamé une réaction coordonnée de l'UE pour pallier d'éventuels risques de pénurie.

 

"Nous comptons sur la solidarité européenne", a ainsi déclaré le Premier ministre bulgare Sergueï Stanichev, estimant "inacceptable" que les Européens deviennent "otages" de cette crise russo-ukrainienne.

 

"La Commission européenne devrait préparer un catalogue d'actions à court et à long terme", a ajouté le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski.

 

AFP

 

Modem Ozoir la Ferriere

29/10/2007

RUSSIE • Comment Poutine peut rester président après 2008

A ceux qui pensent que le chef du Kremlin quittera son poste à l'issue de son deuxième mandat présidentiel, comme l'exige la Constitution, le site de l'hebdomadaire moscovite Novoïé Vremia apporte un démenti qui ne manque pas d'arguments... Le "plan Poutine" est en route. 

 La semaine dernière, le mythe d'un troisième mandat consécutif de Vladimir Poutine a cessé d'être un mythe. Dans de nombreuses villes russes, des manifestations de soutien au président ont rassemblé plusieurs milliers de personnes réclamant qu'il reste au pouvoir. Ils étaient ainsi 5 500 à défiler au Kamtchatka le 23 octobre, plus de 30 000 en Tchétchénie et plus de 10 000 à Tver le 24, plus de 2 000 à Novy Ourengoï le 25. Ailleurs encore, des manifestations du même genre se préparent activement. Tout porte à croire que ce n'est là que le début d'une grande campagne nationale visant à montrer tout l'amour que la population porte au président. Cette campagne a débuté le 18 octobre, durant les trois heures qu'a duré l'échange télévisé entre Poutine et les citoyens [qui lui adressaient leurs questions]. D'après les informations dont nous disposons, la Constitution pourrait être bientôt modifiée, et ces changements concerneraient le nombre et la durée des mandats présidentiels.

La manière la plus simple de permettre à Poutine de demeurer à son poste se décompose en trois étapes : d'abord, déposer un projet de loi constitutionnelle fédérale. Plusieurs personnes peuvent proposer un amendement afin de changer le chapitre IV de la Constitution, celui qui concerne le président de la Fédération de Russie. Il s'agit de Vladimir Poutine, le président, de Sergueï Mironov, le président du Conseil de la Fédération [Sénat], et de Boris Gryzlov, le président de la Douma [Assemblée nationale]. La deuxième étape serait de faire adopter cette loi par l'Assemblée fédérale [Douma et Conseil de la Fédération] ou les Parlements d'au moins deux tiers des sujets de la Fédération [entités administratives, au nombre de 85]. Enfin, il faudrait que la loi constitutionnelle ainsi adoptée soit approuvée par les régions. Et le tour serait joué.

Si Boris Gryzlov osait contrarier Vladimir Poutine (qui s'est toujours montré farouchement opposé à l'éventualité d'une modification de la Constitution pour son bénéfice personnel) et proposait, en tant que président de la Douma, un projet de loi constitutionnelle fédérale au Conseil de la Fédération, il est fort probable que Sergueï Mironov soutiendrait son initiative et aurait lui aussi le courage de passer outre la colère du président. Et d'où lui viendrait ce courage ? De la vox populi, évidemment, puisqu'elle est la vox Dei. Et même le président de l'Etat russe est obligé d'en tenir compte, car, dans la hiérarchie, il est au-dessous de Dieu. Et, d'ailleurs, il ne dispose pas de sa personne : il appartient au peuple.

C'est pour cette raison que se succèdent des manifestations citoyennes parfaitement organisées protestant contre le départ de Poutine. L'apogée de cette vaste campagne devrait être la victoire écrasante du parti du "plan Poutine", Russie unie, lors des législatives de décembre. Le tandem "victoire de Poutine – victoire de Russie unie" sera forcément gagnant. Les politologues du Kremlin ont déjà qualifié ces législatives de référendum de soutien à la politique de Poutine, et c'est une manœuvre très habile dès lors qu'il s'agit de préparer l'opinion publique à un revirement complet. Ce sera désormais un jeu d'enfant pour notre propagande hautement professionnelle de persuader les Russes qu'il est indispensable et inévitable d'en arriver à modifier la Constitution. Ce n'est plus qu'une question de semaines. 

Newtimes.ru

04/09/2007

RUSSIE • L'Ingouchie rejoue le scénario tchétchène

Plusieurs attentats contre les forces de sécurité et assassinats de civils se sont produits ces derniers temps dans la république musulmane du Caucase du Nord. Cette déstabilisation rappelle les débuts du conflit dans la Tchétchénie voisine, s'inquiète le Moskovski Komsomolets.

L'Ingouchie n'en avait pas encore terminé avec les funérailles du mari et des fils de Vera Dragontchouk [tués le 31 août], l'enseignante russe de Karaboulak, qu'il fallait déjà préparer de nouveaux enterrements, selon le rite musulman cette fois : quatre policiers de Nazran, la capitale ingouche, avaient été victimes d'une bombe [le même jour]. L'explosion a retenti alors qu'ils allaient examiner une Lada sans plaques d'immatriculation abandonnée devant la Maison de la culture de Nazran. Cet attentat spectaculaire et audacieux, perpétré en plein jour, avait été précédé d'appels lancés sur des forums de discussion ingouches sur Internet à "suivre l'exemple de nos frères tchétchènes", afin de venger la mort d'Islam Garakoiev. Ce jeune homme de 17 ans a été tué le 30 août par des forces de l'ordre, sur le marché de pièces détachées automobiles d'Ekajev, où il travaillait comme vendeur. D'après le parquet d'Ingouchie, Islam Garakoiev aurait été un combattant rebelle, éliminé au cours d'une opération spéciale après avoir tiré des coups de feu avec un pistolet sur des hommes du ministère de l'Intérieur russe et de la Direction du service fédéral de sécurité [FSB] d'Ingouchie.

Toutefois, en Ingouchie même, une version "alternative" circule, selon laquelle les agents n'auraient même pas cherché à appréhender le jeune homme, qui aurait été en train de marcher dans la rue avec son baladeur, des écouteurs dans les oreilles. Ils l'auraient abattu sans sommation.

Il est possible que ce garçon ait été lié au terrorisme clandestin, mais cela n'a plus d'importance aujourd'hui. La "résistance ingouche" a enfin le martyr dont elle avait besoin. Les événements suivent un schéma bien connu et dangereux : provocation des rebelles, représailles des forces fédérales contre la population civile, augmentation du nombre des "frères de la forêt" [qui entrent en clandestinité]. Dans le cas présent, l'action irréfléchie des services secrets a rendu un fier service aux idéologues du djihad. Un des opposants ingouches en vient déjà à dire que l'Ingouchie ressemble désormais à "la Tchétchénie des débuts".

Outre les "émirs" criminels, la déstabilisation de l'Ingouchie pourrait également intéresser, bizarrement, des gentlemen caucasiens tout à fait respectables. Tout le monde sait que l'arrivée au pouvoir du président Mourat Ziazikov [en 2002] a lésé les intérêts de plusieurs clans ingouches puissants. Ils n'ont rien pu faire contre lui, car Ziazikov est soutenu par sa chère administration du FSB [dont il est général]. Il leur restait donc à espérer qu'il se compromette lui-même aux yeux du Kremlin. Les forces hostiles à Ziazikov ont tout intérêt à ce qu'il se montre incapable de contrôler la situation, mais elles ne vont évidemment pas jusqu'à souhaiter que l'Ingouchie se transforme vraiment en une seconde Tchétchénie.

Il n'est pas rare, au Caucase, que le frère, le neveu ou l'ami d'enfance d'un respectable gentleman coure les montagnes une arme à la main. Ces liens sont sans cesse utilisés dans des règlements de comptes politiques et de business. Mais il n'y a pas loin entre les provocations par jeu, les échanges de tirs "pour de faux", et une catastrophe pour de vrai.

courrierinternational.com

22/08/2007

GEOPOLITIQUE : Le Groupe de Shanghai s'affirme face à l'OTAN

Créée en 2001 à l'initiative de la Russie et de la Chine, l'organisation de coopération régionale entre les pays de la zone s'est transformée en un puissant acteur international, refusant la vision américaine d'un monde unipolaire.

"Le Groupe de Shanghai n'est pas une organisation anti-OTAN." Le quotidien russe Novyé Izvestia résume ainsi l'esprit du 7e sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS, appelé aussi Groupe de Shanghai), qui s'est tenu les 16 et 17 août dernier dans la capitale kirghize, Bichkek.

Outre les pays membres (la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan), ce sommet a réuni les pays observateurs (l'Inde, l'Iran, la Mongolie et le Pakistan) et les "observateurs" – le Turkménistan et l'Afghanistan.

Mais une comparaison avec l'OTAN est "inadéquate", selon Vladimir Poutine, dont les propos ont été rapportés par le quotidien russe Izvestia. "L'OCS n'est pas dans une logique d'alliance en ‘bloc' fermée", poursuit le président russe, qui multiplie ces derniers mois les mises en garde contre "l'unilatéralisme" de Washington.

"Pas un mot n'a été prononcé sur une éventuelle transformation de l'OCS en alliance politico-militaire, bien qu'une telle velléité soit évidente, surtout après la tenue de manœuvres militaires conjointes près de Tcheliabinsk [en Russie]. D'autant que ces exercices deviendront réguliers", soulignent les Izvestia, avant de conclure : "Ce qui cimente un ensemble de pays aussi disparate, c'est le souhait des Russes et des Chinois de voir diminuer l'influence américaine dans la zone, bien que personne n'ait parlé explicitement des Etats-Unis."

"L'OCS réunit les deux tiers de l'Eurasie, soit la moitié de l'humanité. En quelques années seulement, elle est devenue une organisation internationale de renom, un facteur de stabilité et de paix régionales", observe le webzine ouzbek PressUz. Une série de documents, dont la Déclaration de Bichkek, ont été signés pour mettre en avant la dimension "coopérative et pacifique" de l'OCS. Le président kazakh, Noursoultan Nazarbaev, a évoqué l'idée de création d'un "club énergétique régional" qui pourrait devenir "le cœur névralgique de l'OCS", signale le quotidien de Moscou Nezavissimaïa Gazeta.

Cependant, "ce sommet se distingue des précédents par un nouveau rapport des forces régionales, dicté par l'influence grandissante de la Chine et les nouvelles orientations stratégiques des pays d'Asie centrale. La rivalité sino-russe pour les zones d'influence continue jusque dans le domaine culturel", constate la Nezavissimaïa Gazeta. "Mais si Pékin tente d'avancer ses pions économiques pour pénétrer en Asie centrale, toujours selon le même journal, Moscou, lui, met en avant la dimension politico-militaire et stratégique de l'OCS, donnant ainsi la priorité à la lutte antiterroriste et au renforcement de la sécurité régionale."

Le quotidien kirghiz Vetchernyi Bichkek partage cette analyse : "Le bilan de ce dialogue, qui a vu l'OCS monter en puissance, est d'affirmer la nécessité de ‘se muscler' face aux formes d'extrémisme de plus en plus inédites. Il est certain que l'influence de l'organisation dans le monde croît très vite et que le nombre de pays désireux d'en faire partie augmente, poursuit le journal. Mais ils devront attendre, car la pire perspective pour le Groupe serait de se transformer en une 'association' d'Etats aux intérêts discordants." 

courrierinternational.com

GEOPOLITIQUE : Moscou fait pression sur la République tchèque

Les responsables russes, qui espèrent que la prochaine administration américaine remettra en cause le projet de bouclier antimissile, tentent de gagner du temps.

LE KREMLIN hausse le ton. Opposée au projet des États-Unis d'installer en Europe les bases du bouclier antimissile, la Russie vient de le faire savoir une nouvelle fois, de la manière la plus directe possible, à l'un des pays concernés : la République tchèque. Si le gouvernement de Prague accepte les radars américains sur son territoire, cela sera « une grande erreur », a déclaré hier le chef d'état-major de l'armée russe, Iouri Balouïevski. Un avertissement sans ambages présenté après sa rencontre à Moscou avec le vice-ministre tchèque de la Défense, Martin Bartak. Ce dernier a répondu en rappelant que son pays n'avait pas encore pris de décision finale.

Le général russe a en fait clairement fait comprendre que Prague devait différer sa décision. « Mes homologues russes et moi demandons simplement que le processus dure jusqu'en novembre-décembre 2008 et je pense que vous voyez tous pour quelle raison », a précisé Iouri Balouïevski. Allusion aux élections présidentielles américaines qui pourraient provoquer un changement d'opinion au sein même de la Maison-Blanche sur l'utilité du bouclier antimissile. Affirmant que la position de Prague répondait pour le moment à des critères plus politiques que militaires, le chef d'état-major n'a d'ailleurs pas caché envisager « la possibilité d'une nouvelle administration américaine réévaluant les positions actuelles de Washington »...

Aujourd'hui, l'Administration du président George Bush affirme que les bases prévues en République tchèque mais aussi en Pologne seront des équipements défensifs indispensables contre les attaques d'État « voyous », comme l'Iran. Moscou, qui doute de l'efficacité même du bouclier, craint au contraire que la Russie puisse être à terme visée. Et, depuis plusieurs mois, le Kremlin a multiplié les initiatives pour éviter cette implantation américaine chez ces anciens pays satellites. Lors d'un récent sommet, Vladimir Poutine a notamment proposé à George Bush d'élargir le système à d'autres pays. Dans le cadre d'une « plate-forme de coopération Russie-Otan », le chef du Kremlin a offert d'utiliser une base de radars russe en Azerbaïdjan, ex-république soviétique restée proche de Moscou, ou une nouvelle base en construction dans le sud de la Russie. Des propositions en cours de discussion entre experts des deux pays.

Manque de confiance

« Mais le Kremlin a l'impression que la Maison-Blanche ne l'écoute pas ! », assure Ivan Safranchuk, directeur à Moscou du bureau du World Security Institute basé à Washington. « C'était vrai hier avec l'élargissement de l'Otan. C'est encore vrai aujourd'hui avec le projet de bouclier. Le point de vue de Moscou n'est pas intégré, et la Russie sent qu'on ne lui fait pas confiance, ni aux États-Unis ni en l'Europe. Tout un paradoxe car, sur le projet de bouclier, Moscou se contente en fait de dire tout haut ce que beaucoup de capitales européennes pensent tout bas... » Un agacement palpable dans une grande partie de l'élite russe. D'où, sans doute, les propos très directs hier du chef d'état-major...

lefigaro.Fr

 

HP: toujours en géopolotiuqe, voir l'article du monde sur la pression et l'arret de certaines ONG en russie, 3000 devront fermer leurs portes.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-946354@...

21/08/2007

GEOPOLITIQUE : Moscou rétablit les vols de bombardiers stratégiques

La Russie a annoncé vendredi 17 août la reprise des vols de bombardiers sur des longues distances. Ils avaient été suspendus il y a 15 ans, après la fin de la guerre froide. La presse européenne se demande quelles motivations se cachent derrière cette décision.

Berliner Zeitung (Allemagne)

Roland Heine constate que l'argument avancé par Vladimir Poutine concernant la sécurité de la Russie est "malheureusement" pertinent. "Les Etats-Unis n'ont en effet jamais renoncé dans la même mesure à leur potentiel militaire. Leur réseau international de bases militaires offre à l'armée américaine un avantage stratégique sans égal. Il suffit de se rappeler les conditions qui ont conduit la Russie à interrompre les vols en 1992. A l'époque, les principaux représentants de l'OTAN et les innombrables politiciens occidentaux avaient assuré Moscou que l'OTAN ne s'élargirait pas l'Est (...) Qu'en est-il aujourd'hui ? L'OTAN a manqué a sa parole et s'étend désormais jusqu'aux frontières de la Russie. Naturellement, Moscou se pose des questions. Dans le meilleur des cas, Bush junior traite l'ONU comme un sous-traitant des Etats-Unis et les traités de contrôle des armements ont été soit annulés, soit non ratifiés ou contournés par Washington. Dans ces circonstances, ce n'était qu'une question de temps avant que la Russie ordonne à ses bombardiers de reprendre leurs vols."

The Observer (Royaume-Uni)

"Le sentiment d'insécurité russe est facile à comprendre", considère l'hebdomadaire. "La chute de l'Union soviétique a coûté à la Russie son système mondial d'échanges commerciaux, son alliance militaire européenne et une grande partie de son territoire, ainsi que des populations qui font maintenant partie intégrante des Etats voisins. N'importe quel pays ayant connu ce traumatisme est susceptible de réagir en se retranchant derrière l'ultranationalisme. C'est ce qu'a fait l'Allemagne, par exemple, après la Première Guerre mondiale. La comparaison est cependant peut-être exagérée. L'Union soviétique n'a pas subi de défaite militaire en 1991 et l'Occident n'a pas imposé de réparations. (...) Le décollage en urgence la semaine dernière de vieux bombardiers pour patrouiller dans le ciel est une tentative désespérée pour attirer l'attention de la communauté internationale et susciter les applaudissements internes. Une telle posture est un signe de faiblesse. La Russie a une économie sous-développée, dépendante de la hausse des prix du pétrole. Plus que des rapports conflictuels, M Poutine veut de la reconnaissance et du respect de la part de l'Ouest. Il est ouvert à la négociation."

Dnevnik (Slovénie)

Dejan Kovac commente la décision russe dans un article intitulé 'Les Russes arrivent'. "Depuis la chute de l'empire communiste, la Russie a pansé ses plaies, tandis que le monde a changé stratégiquement contre sa volonté. Mais cette époque est bel et bien révolue. (...) Une guerre froide n'est pas (encore) à l'ordre du jour. Moscou roule des mécaniques dans une sorte de parade plus élégante que le comportement ambivalent des Etats-Unis. Si la Russie parvient à se faire accepter par d'éventuels partenaires, les Etats-Unis risquent de rencontrer bien des difficultés en Asie centrale."

Der Standard (Autriche)

Josef Kirchengast est soulagé par le flegme du gouvernement américain vis-à-vis de la décision russe de rétablir les patrouilles de bombardiers stratégiques. "Les déclarations [de la Maison Blanche] se démarquent agréablement de la rhétorique de la guerre froide qui n'a cessé de prendre de l'ampleur après le discours prononcé par Vladimir Poutine lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en février dernier, et qui s'est poursuivie avec le conflit autour du projet américain d'implantation d'un bouclier antimissile en Europe. Entre-temps, il semble que Washington ait pris conscience que les fanfaronnades géopolitiques de Moscou ont un rapport non négligeable avec les élections législatives à venir (en décembre) mais surtout avec les élections présidentielles de mars prochain, et que des réactions virulentes ne feraient que renforcer la position des partisans de la ligne dure en Russie."

courrierinternational.com

07/08/2007

La Géorgie dit avoir été agressée par une bombe russe

TBILISSI (Reuters) - La Géorgie se dit victime d'un "acte d'agression" de la part de la Russie, affirmant que deux chasseurs russes ont survolé son territoire lundi et largué une bombe de 700 kilos qui n'a pas explosé.

La Russie a de son côté démenti que son aviation soit entré dans l'espace aérien de son voisin.

"Nos radars montrent que ces chasseurs sont entrés de Russie avant de retourner dans la direction d'où ils provenaient. Je considère cela comme un acte d'agression réalisé par des avions venant du territoire d'un autre Etat", a-t-il dit.

Chota Outiachvili, responsable du ministère de l'Intérieur géorgien, a déclaré à Reuters que la bombe avait été larguée lundi sur le village de Tsiteloubani, à environ 65 km au nord-ouest de Tbilissi.

"Deux chasseurs russes sont entrés de Russie sur le territoire géorgien hier soir et ont largué une bombe de 700 kilos sur le village de Tsiteloubani. Heureusement, elle n'a pas explosé. Cela aurait été un désastre si elle avait explosé."

Il a précisé que cette bombe n'avait fait aucune victime.

Tsiteloubani se trouve non loin de la ville de Gori, près de la région séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud, source d'une vieille querelle entre Moscou et Tbilissi.

La Russie apporte un soutien financier aux rebelles des régions d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Elle accuse la Géorgie de mettre en oeuvre des politiques qui lui seraient hostiles.

Moscou a démenti les affirmations de la Géorgie.

"L'aviation russe n'a effectué ni lundi ni mardi de mission en Géorgie", a dit le colonel Alexandre Drobychevsky, conseiller du commandant de l'armée de l'air russe. "La Russie n'a pas violé les frontières de la Géorgie."

Le gouvernement géorgien a précisé que la bombe avait été larguée lundi à 20h00 (16h00 GMT) et que des spécialistes de l'armée avaient été dépêchés sur les lieux.

En 2002, la Géorgie avait accusé l'aviation russe d'avoir envoyé des chasseurs survoler son territoire, ce que Moscou avait démenti.

Les relations entre les deux voisins se sont encore détériorées l'année dernière quand la Géorgie a expulsé quatre officiers de l'armée russe qu'elle présentait comme des espions. Moscou avait répliqué en retirant son ambassadeur en poste à Tbilissi et en suspendant les liaisons aériennes, maritimes et postales avec la Géorgie. Des milliers de Géorgiens avaient été expulsés de Russie. Les tensions sont demeurées fortes dans la région. Mais les deux voisins ont paru ces derniers mois chercher l'apaisement. Moscou a notamment renvoyé en Géorgie un ambassadeur à cette fin.

lemonde.fr