27/06/2009
travailler plus longtemps: Eh l'emploi de sénoirs!
Travailler plus longtemps pour sauver notre modèle Français, pourquoi pas, mais nous devons parler d’une réalité flagrante de notre pays : l’effondrement de l’emploi de nos séniors
La France à la traîne
La France, déjà en bas du classement européen pour son faible taux d’emploi des seniors, risque donc de rester durablement à la traîne en la matière. Sur le papier, cela ne saute pourtant pas aux yeux : le nombre de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans (la tranche d’âge retenue par Pôle emploi) est celui qui a le moins augmenté depuis un an, par rapport aux autres catégories d’âge.
« En réalité, décrypte Anne-Marie Guillemard, professeur à l’université Paris-Descartes, les seniors qui partent de l’entreprise sont souvent inscrits dans des dispositifs comme la longue maladie, un congé d’invalidité… » et ne sont pas intégrés dans les statistiques de Pôle emploi. Cela explique, soutient cette spécialiste des comparaisons internationales des politiques d’emploi, que les chiffres du chômage de cette tranche d’âge ne progressent pas autant qu’on pourrait s’y attendre.
Même en temps normal, la situation des quinquagénaires sur le marché du travail n’est pas des plus enviables. « Avec la crise, l’engagement pris par les entreprises d’accroître le taux d’emploi des seniors ne tient plus », dénonce Éric Aubin, à la CGT.
Le gouvernement a semblé hésiter
Récemment, plusieurs plans sociaux ou programmes de départs volontaires ont ainsi présenté des volets incitant les salariés de plus de 55 ans à partir. Les habitudes ont la vie dure. « Lors des derniers plans de licenciement que j’ai contribué à établir, raconte ainsi une avocate d’employeurs, ce sont les organisations syndicales qui m’ont pressée de prévoir des conditions de départ particulièrement attractives pour les plus âgés. Et les personnes directement concernées étaient elles-mêmes demandeuses. »
Dans ce contexte, que vaut encore l’objectif européen d’atteindre un taux d’emploi des seniors de 50 %, contre 38,3 % dans la France d’aujourd’hui ? Le maintien en activité des quinquagénaires « est un objectif confirmé », a déclaré fin avril le ministre du travail, Brice Hortefeux, devant l’Association des journalistes de l’information sociale.
Au début de l’année, le gouvernement a pourtant semblé hésiter. Il a même suspendu la parution d’un décret prévoyant des sanctions financières pour les employeurs qui n’encouragent pas l’activité des seniors. Brice Hortefeux a finalement confirmé que le texte serait bel et bien publié, à la virgule près, d’ici à la fin mai.
Mais dans le même temps, le ministre a prorogé jusqu’à fin 2009 l’allocation équivalent retraite (AER), un dispositif qu’il souhaitait supprimer dans le but d’inciter les plus de 55 ans à rester plus longtemps en poste. Cette décision « est une réponse à la crise », a justifié Brice Hortefeux au Sénat, lors d’une séance de questions au gouvernement fin avril.
Remettre en place la préretraite, le temps que la crise s’achève ?
Face aux difficultés économiques, en effet, plusieurs voix s’élèvent pour demander de suspendre provisoirement les objectifs volontaristes. « Je suis tout à fait d’accord pour favoriser l’emploi des seniors », a ainsi déclaré Jean-Claude Mailly sur la chaîne Public Sénat, en février. Mais le leader de Force ouvrière a aussitôt ajouté qu’aujourd’hui, « il faut peut-être remettre en place des systèmes de préretraite », le temps que la crise s’achève.
À l’OFCE, l’économiste Mathieu Plane acquiesce : « Quand l’activité ralentit et que les licenciements se multiplient, mieux vaut réactiver des dispositifs comme les préretraites, car c’est un moyen pour les salariés les plus âgés de traverser la crise sans passer par le chômage. Ils éviteront ainsi d’arriver en fin de droits, puis de tomber dans la pauvreté. »
Directeur de recherche à l’Edhec, Arnaud Chéron prône l’attitude inverse : « Revenir aux préretraites ne ferait qu’entretenir la mauvaise habitude qu’ont les entreprises françaises de se désintéresser de l’emploi des seniors », estime ce chercheur, auteur d’une étude sur le sujet. « Même si la situation économique est mauvaise aujourd’hui, assène-t-il, les réformes structurelles doivent s’appliquer comme prévu, d’autant plus qu’il leur faudra du temps avant de produire réellement des effets. »
Quoi qu’il en soit, estime pour sa part Anne-Marie Guillemard, « le taux d’emploi des 55-64 ans n’est pas près de remonter actuellement, alors que la France a échoué à redresser la barre ces dernières années ». Une mauvaise nouvelle pour les intéressés, et pour le financement des retraites.
La-croix.com
MoDem Ozoir la Ferrière
23:58 Publié dans 03 - Actualités France | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : séniors, emplois, modem, ozoir la ferriere







