18/10/2009

Jean Sarkozy ou le scandale d'une amnésie collective

Le quotidien belge s'étonne de la polémique provoquée par la candidature du fils du président à la tête de l'Etablissement d'aménagement public de La Défense (EPAD). Les Français auraient-ils oublié que leur pays est celui où les "fils de" sont rois ?

Les Français auraient pu, par exemple, s'intéresser au pouvoir d'influence de l'épouse du Président. Qui, aujourd'hui, est manifeste, voire sans précédent. L'a notamment attesté, ces derniers mois, une série de nominations de proches de Carla Bruni-Sarkozy à la tête de grandes institutions culturelles. Ils ont choisi de se passionner plutôt pour la promotion de la descendance de leur chef d'Etat. Au risque de donner l'impression d'être victime d'amnésie collective.Sarkozys_0.jpg

Car Nicolas Sarkozy est loin d'être le premier hôte de l'Elysée à favoriser sa descendance. Ce qui le singularise par rapport à ses prédécesseurs, c'est la manière totalement décomplexée dont il procède. Et l'ampleur du hiatus avec ses propres engagements de campagne, que cette pratique révèle. Pour rappel, avant son arrivée à l'Elysée, le candidat Sarkozy avait (par exaltation, imprudence ou cynisme ?) promis que, sous son règne, la France aurait "une République exemplaire", caractérisée notamment par des nominations "irréprochables".

Pour d'éminents constitutionnalistes comme Dominique Rousseau, qui s'exprimait mercredi soir [14 octobre] dans les colonnes du Monde, cet usage "n'est pas symbolique de la Ve République, mais plutôt de la culture monarchiste française latente dans notre pratique politique et constitutionnelle depuis 1789". Même si cette habitude est tout sauf exclusivement française, comme viennent encore de le rappeler les scrutins en Grèce ou au Japon.

S'agissant de la France, les mémorialistes de la République remontent jusqu'aux "grandes dynasties politiques" que constituèrent jadis les familles Carnot, Arago ou Jeanneney. Plus proche de nous, le Président Giscard d'Estaing se démena longtemps pour assurer une carrière politique à sa progéniture, réussissant à ce qu'un de ses fils devienne le plus jeune conseiller général de France, comme le fut un jour un certain Jean Sarkozy. Son prédécesseur Georges Pompidou eut un fils qui se fit élire en grande partie sur son nom au Parlement européen. François Mitterrand fit sévir son fils Jean-Christophe, surnommé "Papa m'a dit", à la cellule africaine de l'Elysée (ce qui lui valut d'être plus tard condamné par la justice) et siéger un autre de ses fils, Gilbert, à l'Assemblée. Et, sous Jacques Chirac, une conseillère omnipotente à l'Elysée n'était autre que sa propre fille Claude.

Le pouvoir présidentiel, du reste, n'est pas le seul à recourir à ces pratiques. Au Parlement siègent encore à présent des héritiers de fameuses lignées politiques que sont les Debré, Dassault ou Poniatovski. Dans les gouvernements, on a vu un Pierre Joxe ou un Jean-Louis Debré, eux aussi des "fils de". L'actuelle ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, compte son fils parmi ses plus proches collaborateurs. Son collègue de la Défense, le néocentriste Hervé Morin, fut accusé d'avoir bombardé nombre de membres de sa famille sur les listes de son parti.

A l'échelon municipal, que dire de la dynastie Baudis, qui gouverna Toulouse pendant des décennies ? Des Parisien Tiberi et Dominati, qui réussirent à placer leurs rejetons ? De la récupération par la droite de la fille de l'ex-Premier ministre Bérégovoy ?

Sans parler de deux "filles de" que l'on compte aujourd'hui parmi les plus féroces contempteurs des pratiques de la famille Sarkozy : Martine Aubry et Marine Le Pen.

www.lalibre.be

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MoDem Ozoir la Ferrière

04/09/2007

Eva Joly attaque la "méthode Sarkozy"

L'ancienne juge d'instruction Eva Joly critique violemment les projets de Nicolas Sarkozy de "dépénaliser" la vie économique. Un projet annoncé vendredi par le chef de l'Etat dans un discours devant l'université d'été du Medef, alors que les chefs d'entreprise réclament depuis longtemps une réforme du délit "d'abus de biens sociaux", à savoir le détournement de fonds au sein des sociétés.

 

"Il me semble que les valeurs que dessine le président Sarkozy ne sont pas celles de la France que j'aime. Les méthodes qu'il suggère sont celles de M. Berlusconi. Pour moi, c'est un extraordinaire et étrange choix que de choisir de soutenir les délinquants contre les victimes", a dénoncé l'ex-magistrate dans un entretien diffusé mardi sur France Info.

"Le droit pénal, il ne faut pas l'oublier, protège les victimes"

la magistrate, qui a quitté Paris en 2002 pour devenir conseillère du gouvernement norvégien, fait un parallèle entre le projet du chef de l'Etat concernant les entreprises et son idée de permettre des procès pour les criminels déclarés irresponsables. "Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous et irresponsabilise ses élites. Cela me paraît une grave erreur et surtout une absence de compréhension de ce que veut dire la criminalité organisée et économique. Dire que ce n'est pas grave de présenter des comptes inexacts ou de ne pas respecter la différence entre sa propre poche et la poche de l'entreprise, c'est grave. Le droit pénal, il ne faut pas l'oublier, protège les victimes".

Elle s'insurge aussi contre le projet d'interdire dans ce domaine l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes. Un sujet qu'elle connaît bien, puisque l'ex-juge d'instruction, qui fut notamment chargée de l'affaire Elf, a eu justement recours à des lettres anonymes lorsqu'elles était confirmées par d'autres éléments. Le dossier s'est soldé par de lourdes peines de prison pour les dirigeants de cette société, reconnus coupables de détournements de fonds évalués à plusieurs centaines de millions d'euros. Pour Eva Joly, une interdiction pour les juges d'utiliser les lettres anonymes ne peut être qu'une "grave erreur". Et elle rappelle que l'Onu et l'OCDE demandent à leurs membres de légiférer pour protéger les témoignages anonymes.

reuters

24/08/2007

Merkel-Brown, un duo pour contrer Sarkozy

La chancelière allemande s'est déplacée à Londres le 22 août. Son objectif : renforcer ses liens personnels et politiques avec son homologue britannique afin de sortir du face-à-face avec le président français, explique le Financial Times. 

Le Premier ministre britannique Gordon Brown et son homologue allemande Angela Merkel se sont employés à fonder une nouvelle alliance politique, rendue nécessaire après une série de changements dans le paysage politique européen. Lors d'une rencontre à Downing Street le 22 août, après laquelle ils se sont rendus ensemble au stade de Wembley pour assister à un match amical de football Angleterre-Allemagne [remporté par l'Allemagne], les deux dirigeants se sont mutuellement sondés au cours de ce que des sources proches qualifient de larges échanges.

La nomination de Gordon Brown à Downing Street en juin dernier et l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française en mai ont marqué l'arrivée d'une nouvelle génération de dirigeants politiques sur la scène européenne, augurant de nouvelles alliances et coalitions. Selon certains observateurs, Angela Merkel souhaite vivement se rapprocher du Royaume-Uni afin d'éviter que l'Allemagne ne se retrouve trop liée à la France, en particulier en matière de politique industrielle. Gordon Brown, de son côté, cherche à faire valoir ce qu'il considère comme les bienfaits d'un resserrement de la coopération britannique avec les autres grandes puissances européennes, à l'heure où les conservateurs, dans l'opposition, l'appellent à soumettre à un référendum le traité modificatif de l'UE.

La chancelière allemande et le Premier ministre britannique s'étaient rencontrés en juillet à Berlin, peu après l'entrée en fonctions de Gordon Brown, mais ils n'avaient pas encore travaillé ensemble lors d'un sommet international. Un diplomate allemand explique qu'Angela Merkel entendait profiter de sa visite à Londres pour asseoir son rôle d'éminence grise en Europe et marquer "une certaine distance avec le président Nicolas Sarkozy".

Berlin n'a de fait pas apprécié certaines des initiatives politiques du président français, en particulier la tournure protectionniste de sa politique industrielle, et Angela Merkel veut "montrer qu'elle peut s'aligner sur Londres sur ces sujets et ne pas simplement se laisser influencer par ce que fait Paris", ajoute le diplomate. La chancelière compte également sur Gordon Brown pour ne pas bloquer les propositions allemandes visant à l'adoption d'un code de conduite incitant à la transparence financière en matière de fonds spéculatifs.

Londres et Berlin s'intéressent aussi au conflit en Afghanistan, qualifié par Gordon Brown de "ligne de front de la lutte contre le terrorisme". Comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne appelle d'autres pays, et notamment l'Allemagne, à augmenter leur soutien en la matière. Bien qu'Angela Merkel soit déterminée à se montrer à la hauteur de ce qu'elle estime être les obligations de l'Allemagne, les choses se sont compliquées pour elle cette semaine avec l'ajournement par les sociaux-démocrates, ses partenaires dans la coalition au pouvoir, d'un vote parlementaire sur la participation allemande à une mission en Afghanistan sous l'égide des Etats-Unis. De nombreux parlementaires du SPD s'opposent en effet à la prorogation du mandat de la mission américaine de traque d'Al-Qaida en Afghanistan, distincte de la "force de stabilisation" de l'OTAN présente dans le pays.

Dans une déclaration commune, les deux dirigeants ont reconnu que les efforts pour atteindre les "objectifs du millénaire" pour le développement fixés par l'ONU étaient "insuffisants", et ont appelé à un meilleur traitement de la question ainsi qu'au déblocage de fonds supplémentaires pour faire face à cette "urgence du développement". Un "partenariat international sur la santé", ont-ils ajouté, doit être lancé le mois prochain pour permettre une meilleure utilisation des ressources. Cet organisme sera chargé de coordonner les actions entre les pays donateurs et les agences internationales, telles la Banque mondiale et l'Organisation mondiale de la santé, sur des programmes de lutte contre la mortalité infantile et le sida. 

 

courrierinternational.com

01/08/2007

La franchise médicale ne devrait pas dépasser 50 euros par an

Nicolas Sarkozy est revenu sur un de ses engagements de la campagne présidentielle, la franchise médicale, lors d'un déplacement à Dax consacré à la dépendance et à la solidarité intergénérationnelle. « J'ai demandé la mise en place d'une franchise des dépenses de santé ne dépassant pas 50 euros par an », a indiqué M. Sarkozy, lors d'une table ronde avec des professionnels de la santé. Ainsi, chaque patient devra débourser « 50 centimes par boîte de médicaments, 50 centimes par acte paramédical et deux euros sur les transports sanitaires », a-t-il expliqué sans en préciser les modalités et le calendrier. Ces recettes supplémentaires serviront au financement de lutte contre le cancer et contre la maladie d'Alzheimer, décrétés « chantiers présidentiels » par Nicolas Sarkozy le 20 juin dernier.

« Les plus modestes [en] seront dispensées, ainsi que les enfants et les femmes enceintes », a-t-il ajouté en soulignant qu'il souhaitait que « cette franchise puisse être prise en charge par les assurances complémentaires santé ». En revanche un communiqué du minsitère de la Santé tempère la possibilité de remboursement. « La prise en charge par les assurances complémentaires santé restera possible, mais sera limitée par un mécanisme de contrat responsable ». Ce qui signifie que les complémentaires santé perdront des avantages fiscaux et des exonérations si elle rembourse les nouvelles franchises.

Il a également annoncé la création début 2008 d'une cinquième branche de la protection sociale pour la prise en charge de la dépendance, relevant ainsi « le défi de la perte d'autonomie et de l'allongement de la vie ».

Lexpansion.com

27/07/2007

Les candidats Sarkozy et Royal ont dépensé plus de 20 millions d'euros

Les comptes de campagne des candidats à l'élection présidentielle des 22 avril et 6 mai ont été publiés au Journal officiel du 27 juillet.

Entre les deux candidats qualifiés au second tour, le montant total des dépenses aura été quasiment équivalent : 21 038 891 euros pour Nicolas Sarkozy et 20 712 943 euros pour Ségolène Royal. Le candidat de l'UMP a dépensé 12,38 millions en réunions publiques, contre 7,19 millions à sa rivale du PS. En revanche, selon les chiffres fournis à la commission nationale des comptes de campagne, M. Sarkozy a déboursé 527 800 euros en enquêtes et sondages quand Mme Royal y consacrait 836 807 euros.

Pour les candidats éliminés au premier tour, c'est François Bayrou qui a engagé le plus gros budget (9,746 millions, soit un ratio de 1,43 euro par voix obtenue), suivi par Jean-Marie Le Pen (9,683 millions, soit 2,52 euros par voix). Viennent ensuite Marie-George Buffet (4,822 millions, 6,82 euros par voix) ; Philippe de Villiers (3,098 millions, 3,78 euros par voix) ; Arlette Laguiller (2,115 millions, 4,33 euros par voix) ; Dominique Voynet (1,436 million, 2,49 euros par voix) ; José Bové (1,204 million, 2,49 euros par voix) ; Olivier Besancenot (918 330 euros, 0,61 euro par voix) ; Frédéric Nihous (844 280 euros, 2 euros par voix) et Gérard Schivardi (713 960 euros, 5,78 euros par voix).

LE MONDE | 27.07.07 | 16h02  •  Mis à jour le 27.07.07 |